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Brochet de Loire au verjus
Pourquoi ce plat ? Du Bellay est enfant de Liré, sur les bords de Loire : le poisson de rivière est la nourriture de son Anjou natal, celle dont il aura la nostalgie à Rome quand il chantera 'mon Loire gaulois' qu'il préfère 'au Tibre latin'. Le brochet, roi des eaux douces, relevé d'un verjus de raisin vert, est un plat de tous les jours pour qui vit près du fleuve, simple et franc comme la 'douceur angevine' qu'il regrette.
Filets de brochet (ou de sandre) pochés puis nappés d'une sauce courte au beurre, verjus et gingembre, liée d'un peu de mie de pain. Un plat de carême ou de jour maigre, sobre et lumineux, où l'acidité du verjus réveille la chair délicate du poisson.
Las ! que ne suis-je encore au bord de ma Loire, où le brochet se prend à la nasse au point du jour. Voyez : on le couche en l'eau frémissante, point trop, de peur qu'il ne se défasse, puis on le baigne d'un verjus de nos vignes vertes, d'un brin de gingembre et d'un bon morceau de beurre fondu. Croyez-moi, cette douceur aigrelette vaut mieux à ma bouche que tous les ragoûts du Palatin ; un seul morceau, et me voilà ramené sous mon petit Liré.
- •Brochet de rivière — un beau poisson (chair maigre, base du mets de jour maigre)
- •Verjus (jus de raisin vert) — un bon gobelet (acidité de la sauce)
- •Beurre frais — un morceau (liaison et rondeur)
- •Gingembre en poudre — une pincée (épice douce)
- •Mie de pain blanc — une poignée (liaison de la sauce)
- •Persil et sel — à discrétion (assaisonnement)
Brochet de Loire au verjus
Filets de brochet (ou de sandre) pochés puis nappés d'une sauce courte au beurre, verjus et gingembre, liée d'un peu de mie de pain. Un plat de carême ou de jour maigre, sobre et lumineux, où l'acidité du verjus réveille la chair délicate du poisson.
Pourquoi ce plat ? Du Bellay est enfant de Liré, sur les bords de Loire : le poisson de rivière est la nourriture de son Anjou natal, celle dont il aura la nostalgie à Rome quand il chantera 'mon Loire gaulois' qu'il préfère 'au Tibre latin'. Le brochet, roi des eaux douces, relevé d'un verjus de raisin vert, est un plat de tous les jours pour qui vit près du fleuve, simple et franc comme la 'douceur angevine' qu'il regrette.
Las ! que ne suis-je encore au bord de ma Loire, où le brochet se prend à la nasse au point du jour. Voyez : on le couche en l'eau frémissante, point trop, de peur qu'il ne se défasse, puis on le baigne d'un verjus de nos vignes vertes, d'un brin de gingembre et d'un bon morceau de beurre fondu. Croyez-moi, cette douceur aigrelette vaut mieux à ma bouche que tous les ragoûts du Palatin ; un seul morceau, et me voilà ramené sous mon petit Liré.
Ingrédients (version d’époque)
- Brochet de rivière — un beau poisson (chair maigre, base du mets de jour maigre)
- Verjus (jus de raisin vert) — un bon gobelet (acidité de la sauce)
- Beurre frais — un morceau (liaison et rondeur)
- Gingembre en poudre — une pincée (épice douce)
- Mie de pain blanc — une poignée (liaison de la sauce)
- Persil et sel — à discrétion (assaisonnement)
Ingrédients
- Filets de brochet ou de sandre — 600 g (poisson principal)
- Verjus (ou 12 cl jus de raisin vert + 1 c. à soupe de vinaigre de cidre) — 15 cl (acidité)
- Beurre — 60 g (liaison)
- Gingembre moulu — 1/2 c. à café (épice)
- Mie de pain — 30 g (liaison)
- Persil plat — quelques branches (fraîcheur)
- Sel — à goût (assaisonnement)
Préparation
- Pocher les filets de poisson 6 à 8 minutes dans une eau frémissante salée, sans bouillir, puis les égoutter délicatement et les réserver au chaud.
- Faire tremper la mie de pain dans le verjus.
- Dans une casserole, faire fondre le beurre, ajouter le verjus et la mie, le gingembre, et fouetter sur feu doux jusqu'à obtenir une sauce courte et nappante.
- Rectifier le sel, napper les filets, parsemer de persil ciselé et servir aussitôt.
Comment on faisait : Aux jours maigres (carême, vendredis), interdits de viande, le poisson de rivière était central dans la France du XVIe siècle. Le verjus remplaçait le citron rare au nord de la Loire, et la mie de pain liait les sauces avant l'usage du roux au beurre, qui ne s'imposera qu'au siècle suivant.
Le twist contemporain : Dresser le filet sur une ardoise fine — clin d'œil à l'ardoise d'Anjou que le poète chérissait 'plus que le marbre dur' — avec une fine pluie de zestes de raisin confit.
Sources : Le Viandier (Taillevent), recettes de poissons au verjus · Le Ménagier de Paris (c. 1393), sauces maigres
Joachim du Bellay · Charactorium





