La carte de Kourmangazy
Sousyn (boisson du dastarkhan)

Qymyz (koumis)

BoissonDocumentée🍋 🫙moyen48h (fermentation)

Lait de jument fermenté, légèrement pétillant et acidulé, avec une note lactique douce. Boisson emblématique des peuples turcophones nomades, consommée tout l'été depuis des millénaires.

Sousyn (boisson du dastarkhan)

Lait de jument fermenté, légèrement pétillant et acidulé, avec une note lactique douce. Boisson emblématique des peuples turcophones nomades, consommée tout l'été depuis des millénaires.

Tu vois cette outre en cuir ? C'est le saba. Ma mère le battait cent fois par jour, et chaque coup faisait chanter le lait de jument. Le qymyz, c'est la steppe en liquide — acide comme le vent du matin, doux comme l'herbe de Saryarka après la pluie. Quand je joue un küi toute la nuit lors d'un toï, c'est le qymyz qui me porte. Les Russes qui viennent dans nos steppes ne le comprennent pas au premier bol, mais au troisième, ils ne veulent plus s'arrêter.
Kourmangazy
Ingrédients
  • Lait frais de jumentun seau plein (base)
  • Kor (levain de koumis précédent)un bol (ferment)
Comment on faisait : Le saba (outre en cuir de cheval tanné et fumé) donnait au koumis un goût boisé particulier. Les nomades kazakhs battaient le saba entre 50 et 200 fois par jour avec un bâton spécial (bisirek). Le koumis frais (un jour) était doux et léger ; le koumis fort (trois jours) était plus alcoolisé (jusqu'à 3°) et réservé aux hommes. La saison du qymyz durait de mai à septembre, quand les juments mettaient bas et produisaient du lait. Le médecin russe Postnikov ouvrit même un « sanatorium au koumis » à Samara en 1858 pour soigner la tuberculose.
Sources : Guillaume de Rubrouck, Voyage dans l'Empire mongol, 1253 (description détaillée du koumis) · Peter Finke, « Nomads and the State in Central Asia », in Variations on the Theme of Kazakhness, 2014

Voir aussi