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Minestra d'herbes et de pois chiches
Pourquoi ce plat ? Léonard était végétarien par conviction, refusant de tuer les animaux. Son ordinaire de tous les jours, attesté par ses contemporains et par ses propres listes d'achats, reposait sur les légumineuses, les herbes, le pain et l'huile — exactement cette soupe humble qu'un homme d'atelier mangeait entre deux esquisses.
Un potage épais de pois chiches et de blettes ou bettes, parfumé aux herbes du jardin, lié de pain rassis et relevé d'un trait d'agresto. Nourrissant, simple, parfaitement de saison.
Approchez-vous donc de mon écuelle, l'ami. Vous n'y trouverez nulle chair, car je tiens pour vile chose de faire de mon corps la sépulture d'autres bêtes. Voyez plutôt comme ces pois chiches, longuement trempés puis cuits à doux feu, rendent un bouillon onctueux ; j'y jette les herbes du potager, un peu de mie pour épaissir, et au dernier instant ce jus de raisin vert qui réveille tout. Mangez chaud, avec du pain bis : voilà de quoi tenir un homme à l'ouvrage du matin au soir.
- •Pois chiches secs — une bonne poignée par convive, trempés la veille (base nourrissante)
- •Blettes ou bettes du jardin — une botte (verdure)
- •Herbes fraîches (persil, menthe, fenouil sauvage) — un bouquet (parfum)
- •Pain rassis — quelques tranches (liaison)
- •Huile d'olive de Toscane — un filet généreux (matière grasse)
- •Agresto (verjus) — un trait (acidité finale)
Minestra d'herbes et de pois chiches
Un potage épais de pois chiches et de blettes ou bettes, parfumé aux herbes du jardin, lié de pain rassis et relevé d'un trait d'agresto. Nourrissant, simple, parfaitement de saison.
Pourquoi ce plat ? Léonard était végétarien par conviction, refusant de tuer les animaux. Son ordinaire de tous les jours, attesté par ses contemporains et par ses propres listes d'achats, reposait sur les légumineuses, les herbes, le pain et l'huile — exactement cette soupe humble qu'un homme d'atelier mangeait entre deux esquisses.
Approchez-vous donc de mon écuelle, l'ami. Vous n'y trouverez nulle chair, car je tiens pour vile chose de faire de mon corps la sépulture d'autres bêtes. Voyez plutôt comme ces pois chiches, longuement trempés puis cuits à doux feu, rendent un bouillon onctueux ; j'y jette les herbes du potager, un peu de mie pour épaissir, et au dernier instant ce jus de raisin vert qui réveille tout. Mangez chaud, avec du pain bis : voilà de quoi tenir un homme à l'ouvrage du matin au soir.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois chiches secs — une bonne poignée par convive, trempés la veille (base nourrissante)
- Blettes ou bettes du jardin — une botte (verdure)
- Herbes fraîches (persil, menthe, fenouil sauvage) — un bouquet (parfum)
- Pain rassis — quelques tranches (liaison)
- Huile d'olive de Toscane — un filet généreux (matière grasse)
- Agresto (verjus) — un trait (acidité finale)
Ingrédients
- Pois chiches secs — 250 g (trempés 12 h) ou 2 boîtes égouttées (base)
- Blettes — 400 g (verdure)
- Persil + menthe + graines de fenouil — 1 bouquet + 1 c. à café (parfum)
- Pain de campagne rassis — 2 tranches (liaison)
- Huile d'olive vierge extra — 4 c. à soupe (matière grasse)
- Verjus (ou jus de raisin vert / à défaut citron) — 1 à 2 c. à soupe (acidité)
- Sel — au goût (assaisonnement)
Préparation
- Cuire les pois chiches trempés dans une grande casserole d'eau non salée 1 h à 1 h 30, jusqu'à tendreté (ou utiliser des pois chiches en boîte).
- Laver les blettes, séparer les côtes des feuilles, émincer les deux et les ajouter aux pois chiches 15 min avant la fin.
- Émietter le pain dans la soupe pour l'épaissir, ajouter les herbes ciselées et le fenouil.
- Saler, arroser d'huile d'olive, mixer grossièrement une louche si on veut une texture plus liée.
- Hors du feu, réveiller d'un trait de verjus. Servir chaud avec du pain bis.
Comment on faisait : On cuisait ce genre de minestra dans un seul pot de terre suspendu au-dessus du feu, sans précision de mesures : on jetait ce que le potager et le cellier offraient. Les légumineuses (pois chiches, fèves, lentilles) étaient le pilier protéique du peuple comme des esprits frugaux. Le verjus, omniprésent, jouait le rôle qu'on donne aujourd'hui au citron.
Le twist contemporain : Servir en verrine avec un voile d'huile d'olive nouvelle et une chips de pain doré au four — clin d'œil au sfumato : un dégradé du vert des herbes au doré du pain.
Sources : Maestro Martino, Libro de arte coquinaria, XVe siècle · Platina (Bartolomeo Sacchi), De honesta voluptate et valetudine, 1474
Léonard de Vinci · Charactorium





