La carte de Machiavel
Zuppa di pane, cavolo nero e fave
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Minestra du servizio di cucina (potage chaud paysan)

Zuppa di pane, cavolo nero e fave

QuotidienReconstitution🧂 🍄 ☕facile1 h (hors trempage)
Minestra du servizio di cucina (potage chaud paysan)

Zuppa di pane, cavolo nero e fave

Pourquoi ce plat ? Pendant son exil à Sant'Andrea in Percussina, après sa disgrâce de 1513, Machiavel partageait l'ordinaire des paysans à l'auberge du village : du pain rassis qu'on ne jette jamais, des choux du potager et des fèves. Cette soupe d'économie, où rien ne se perd, est l'exact contraire du faste qu'il avait connu au Palazzo della Signoria.

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Minestra du servizio di cucina (potage chaud paysan)

Une soupe épaisse et roborative où le pain dur sert d'épaississant, mariée au chou noir toscan légèrement amer et aux fèves fondantes. Le pain gonfle dans le bouillon parfumé à l'huile d'olive et à l'ail : un plat de pauvre qui réchauffe et rassasie.

Ne te méprends point sur cette écuelle de manant. Au matin je marque mes filets de bois dans la forêt, et le soir, crotté, je m'attable à l'hôtellerie avec le boucher et le meunier ; nous jouons aux dés, nous nous querellons à gros mots, et l'on me sert cette soupe où le pain de la veille ressuscite dans le bouillon. Romps ta croûte sèche au fond de l'écaille, verse dessus l'huile neuve et le chou amer, laisse gonfler : voilà comment un homme tombé des affaires apprend qu'une marmite honnête vaut mieux que les flatteries d'une cour. Mange chaud, et garde l'esprit froid.
Machiavel
Ingrédients
  • Pain de campagne rassis (sans sel, à la toscane)plusieurs tranches dures (épaississant et base)
  • Cavolo nero (chou noir de Toscane)une botte (légume principal, note amère)
  • Fèves fraîches ou sèches trempéesune bonne poignée (protéine et liant)
  • Huile d'olive toscane nouvellegénéreusement (gras et parfum)
  • Ailquelques gousses (aromate)
  • Oignonun (base aromatique)
  • Selselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Le pain toscan « sciocco » (sans sel) se conserve mal une fois rassis, d'où une cuisine entière conçue pour le recycler : on l'émiette dans les soupes, on le « rebout » le lendemain. Les classes populaires complétaient avec les légumineuses de l'Ancien Monde (fèves, pois chiches, lentilles) — surtout pas les haricots cannellini, venus d'Amérique et encore inconnus du temps de Machiavel.

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