La carte de Lise Meitner
Tafelspitz, sauce raifort-pomme
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Hauptgericht — la pièce maîtresse bouillie au cœur du repas

Tafelspitz, sauce raifort-pomme

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Hauptgericht — la pièce maîtresse bouillie au cœur du repas

Tafelspitz, sauce raifort-pomme

Pourquoi ce plat ? Le Tafelspitz, pointe de bœuf bouillie servie avec son raifort, est LE plat emblématique de la table bourgeoise viennoise où grandit Meitner dans une famille de huit enfants. Devenue scientifique à Berlin, elle resta fidèle à cette cuisine bourgeoise sobre — soupes, viandes braisées ou bouillies, légumes de saison — décrite dans son ancrage. Un plat qui se prépare lentement, qu'on peut oublier sur le feu pendant qu'on réfléchit.

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Hauptgericht — la pièce maîtresse bouillie au cœur du repas

Une belle pièce de bœuf longuement pochée dans un bouillon aux racines, jusqu'à devenir fondante, tranchée et nappée d'une sauce vive au raifort et à la pomme. Le bouillon obtenu sert de soupe d'ouverture : un plat, deux services.

Permettez-moi de vous présenter le plat de mon enfance viennoise. À la maison, nous étions huit enfants, et ma mère savait qu'une pointe de bœuf, mise à frémir dès le matin dans son eau avec les racines, nourrissait tout ce monde sans qu'on ait à la surveiller. C'est, voyez-vous, une cuisine de patience : on n'agite rien, on laisse le temps faire son travail, exactement comme on attend qu'une expérience donne enfin son résultat. Et le raifort — ne l'oubliez jamais — c'est lui qui réveille la viande la plus sage. J'ai gardé ce goût simple jusque dans mon exil, là où l'on me servait des choses bien plus austères.
Lise Meitner
Ingrédients
  • Pointe de bœuf (gîte ou tende-de-tranche)une belle pièce (viande à pocher)
  • Os à moellequelques-uns (richesse du bouillon)
  • Racines (carotte, céleri-rave, panais, poireau)un bouquet (aromates du bouillon)
  • Oignon brûlé sur la plaque1 (couleur et profondeur)
  • Grains de poivre, baies de genièvre, livècheselon le goût (épices du bouillon)
  • Raifort frais râpéune racine (condiment piquant)
  • Pomme reinette1 à 2 (douceur de la sauce)
Comment on faisait : Dans les foyers bourgeois de Vienne et de Berlin, le bœuf bouilli était le dimanche pratique par excellence : la même marmite donnait la soupe ET le plat, sans gaspillage. On posait l'oignon coupé directement sur la plaque chaude du fourneau pour le brunir — ce qui colorait et corsait le bouillon. Le raifort, cultivé partout en Europe centrale, remplaçait avantageusement les épices coûteuses.
Sources : Joseph Wechsberg, The Cooking of Vienna's Empire, Time-Life Books · Plachutta & Wagner, Die gute Küche (cuisine bourgeoise autrichienne)

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