La carte de Bertolt Brecht
Brotzeit (collation froide bavaroise)

Obatzda d'Augsbourg, la planche de l'ouvrier

QuotidienÉvocation🧂 🍄facile20 min

Une pâte crémeuse obtenue en écrasant un camembert bien mûr avec du beurre, de l'oignon et du paprika, étalée sur du pain de seigle. Née dans les brasseries bavaroises des années 1920, c'est la quintessence du repas froid populaire : rien ne se perd, tout se tartine.

Brotzeit (collation froide bavaroise)

Une pâte crémeuse obtenue en écrasant un camembert bien mûr avec du beurre, de l'oignon et du paprika, étalée sur du pain de seigle. Née dans les brasseries bavaroises des années 1920, c'est la quintessence du repas froid populaire : rien ne se perd, tout se tartine.

Écoute-moi bien, camarade : d'abord la bouffe, ensuite la morale. Chez nous à Augsbourg, on ne jetait pas un fromage parce qu'il puait — on l'écrasait avec un peu de beurre, de l'oignon, une pincée de rouge, et voilà ton dîner étalé sur le pain noir. Pas de chichis bourgeois, pas de couverts en argent : un couteau, une planche, et tu manges debout s'il le faut. C'est une cuisine honnête, celle qui nourrit l'homme qui travaille — et qui ne lui ment pas sur ce qu'il avale.
Bertolt Brecht
Ingrédients
  • Camembert ou Romadur bien faitun fromage entier (base crémeuse récupérée)
  • Beurre ramolliun bon morceau (liant)
  • Oignonun petit (mordant)
  • Paprika doux en poudreune pincée généreuse (couleur et goût)
  • Carvi (Kümmel)une pincée (épice-signature)
  • Pain de seigleà volonté (support)
Comment on faisait : Dans les brasseries de Bavière, on présentait l'Obatzda servi avec une bière brune et des bretzels. C'était une manière maligne d'accommoder les fromages trop affinés invendables — une cuisine de récupération devenue institution régionale au début du XXe siècle.