Le potage du jardin de Petite Plaisance
Une soupe épaisse de légumes-racines et de verdure du potager, mijotée longuement, parfumée d'herbes et liée d'un peu d'huile. Le plat-socle d'une cuisine de sobriété volontaire.
Une soupe épaisse de légumes-racines et de verdure du potager, mijotée longuement, parfumée d'herbes et liée d'un peu d'huile. Le plat-socle d'une cuisine de sobriété volontaire.
Je ne demande pas grand-chose à ma table, voyez-vous : un potage clair, tiré des légumes que la terre du Maine veut bien me donner. Je les laisse cuire à petit feu, sans hâte, comme on laisse mûrir une phrase. J'ai renoncé à la chair des bêtes, et je ne m'en porte que mieux ; il y a dans un bol de soupe honnête une forme de paix que les festins n'ont jamais su me procurer. Buvez-le lentement, et écoutez le silence du jardin.
- •Légumes-racines du potager (carottes, navets, panais, poireaux) — une pleine corbeille du jardin (base du potage)
- •Pommes de terre — quelques tubercules (liant et tenue)
- •Verdure de saison (céleri, feuilles de blette) — une poignée (fraîcheur végétale)
- •Herbes du jardin (thym, persil, laurier) — un petit bouquet (parfum)
- •Huile et sel — à discrétion (assaisonnement)
Le potage du jardin de Petite Plaisance
Une soupe épaisse de légumes-racines et de verdure du potager, mijotée longuement, parfumée d'herbes et liée d'un peu d'huile. Le plat-socle d'une cuisine de sobriété volontaire.
Pourquoi ce plat ? À Petite Plaisance, Yourcenar tirait l'essentiel de ses repas du potager du Maine et menait, par conviction écologique et éthique, une vie végétarienne et frugale. Ce potage de légumes du jardin résume sa table de tous les jours : simple, saisonnière, sans apparat.
Je ne demande pas grand-chose à ma table, voyez-vous : un potage clair, tiré des légumes que la terre du Maine veut bien me donner. Je les laisse cuire à petit feu, sans hâte, comme on laisse mûrir une phrase. J'ai renoncé à la chair des bêtes, et je ne m'en porte que mieux ; il y a dans un bol de soupe honnête une forme de paix que les festins n'ont jamais su me procurer. Buvez-le lentement, et écoutez le silence du jardin.
Ingrédients (version d’époque)
- Légumes-racines du potager (carottes, navets, panais, poireaux) — une pleine corbeille du jardin (base du potage)
- Pommes de terre — quelques tubercules (liant et tenue)
- Verdure de saison (céleri, feuilles de blette) — une poignée (fraîcheur végétale)
- Herbes du jardin (thym, persil, laurier) — un petit bouquet (parfum)
- Huile et sel — à discrétion (assaisonnement)
Ingrédients
- Carottes — 3 (base)
- Poireaux — 2 (base douce)
- Navet et panais — 1 de chaque (profondeur de goût)
- Pommes de terre — 3 moyennes (liant)
- Branche de céleri — 2 (umami végétal)
- Bouquet garni (thym, laurier, persil) — 1 (parfum)
- Huile d'olive — 2 c. à soupe (rondeur)
- Sel, poivre — à goût (assaisonnement)
- Eau ou bouillon de légumes — 1,5 L (mouillement)
Préparation
- Laver et tailler tous les légumes en morceaux réguliers.
- Faire suer poireaux et céleri dans l'huile d'olive 5 minutes sans coloration.
- Ajouter racines et pommes de terre, couvrir d'eau ou de bouillon, glisser le bouquet garni.
- Laisser mijoter à petit feu 35 à 40 minutes, jusqu'à ce que tout soit fondant.
- Retirer le bouquet garni, mixer partiellement pour garder un peu de mâche, rectifier le sel.
- Servir bien chaud avec un filet d'huile d'olive et du pain de campagne.
Comment on faisait : Dans la maison du Maine, sans grand luxe culinaire, on cuisinait au plus près du jardin et des saisons. Le potage mijoté longtemps était la manière la plus économe et la plus nourrissante d'accommoder une récolte végétale, et convenait parfaitement au régime sans viande qu'elle adopta progressivement.
Le twist contemporain : Servir dans un bol de grès brut, surmonté de quelques feuilles d'herbes fraîches et d'une goutte d'huile d'olive — pour rappeler la sobriété lumineuse de la villa du Maine.
Marguerite Yourcenar · Charactorium