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Le singe et le pain de guerre
Pourquoi ce plat ? Quand le rata chaud ne pouvait monter en première ligne, le soldat de Pétain ouvrait sa boîte de « singe » — bœuf bouilli en conserve — et croquait son pain de guerre, le biscuit dur de réserve. C'était la nourriture de survie de la guerre de position que Pétain a menée.
Du bœuf cuit longuement puis pris en gelée salée, conservé en boîte, que l'on mange froid sur un biscuit de troupe ramolli au bouillon. Plus qu'une recette, une leçon de conservation et de débrouille.
Voici la pitance des mauvais jours, quand le ravitaillement chaud ne pouvait franchir le barrage d'artillerie. On l'appelait le « singe », ce bœuf en boîte pris dans sa gelée, et l'on cassait dessus le biscuit dur que l'on faisait amollir dans un peu de jus. Ce n'était guère réjouissant, je vous l'accorde — mais le soldat qui sait endurer la disette endure aussi le feu. J'ai toujours tenu qu'un homme doit savoir se contenter de peu : c'est dans la privation qu'on mesure le caractère.
- •Bœuf maigre — une pièce (viande à confire)
- •Bouillon gélatineux (avec os à moelle) — de quoi couvrir (gelée de conservation)
- •Sel — généreusement (agent de conservation)
- •Biscuit de troupe (farine, eau, sel) — à part (pain de réserve)
Le singe et le pain de guerre
Du bœuf cuit longuement puis pris en gelée salée, conservé en boîte, que l'on mange froid sur un biscuit de troupe ramolli au bouillon. Plus qu'une recette, une leçon de conservation et de débrouille.
Pourquoi ce plat ? Quand le rata chaud ne pouvait monter en première ligne, le soldat de Pétain ouvrait sa boîte de « singe » — bœuf bouilli en conserve — et croquait son pain de guerre, le biscuit dur de réserve. C'était la nourriture de survie de la guerre de position que Pétain a menée.
Voici la pitance des mauvais jours, quand le ravitaillement chaud ne pouvait franchir le barrage d'artillerie. On l'appelait le « singe », ce bœuf en boîte pris dans sa gelée, et l'on cassait dessus le biscuit dur que l'on faisait amollir dans un peu de jus. Ce n'était guère réjouissant, je vous l'accorde — mais le soldat qui sait endurer la disette endure aussi le feu. J'ai toujours tenu qu'un homme doit savoir se contenter de peu : c'est dans la privation qu'on mesure le caractère.
Ingrédients (version d’époque)
- Bœuf maigre — une pièce (viande à confire)
- Bouillon gélatineux (avec os à moelle) — de quoi couvrir (gelée de conservation)
- Sel — généreusement (agent de conservation)
- Biscuit de troupe (farine, eau, sel) — à part (pain de réserve)
Ingrédients
- Bœuf à pot-au-feu (gîte) — 600 g (viande)
- Os à moelle ou pied de veau — 1 (source de gélatine)
- Carotte, oignon, clou de girofle — 1 de chaque (aromates du bouillon)
- Sel, poivre, laurier — selon (assaisonnement)
- Pain de campagne rassis ou biscotte épaisse — 4 tranches (support)
Préparation
- Cuire le bœuf en pot-au-feu avec l'os à moelle, les aromates et le sel pendant 3 h, jusqu'à ce qu'il soit tendre.
- Effilocher la viande, la tasser dans des bocaux ou des ramequins.
- Filtrer le bouillon, le réduire pour qu'il soit riche en gélatine, puis le verser sur la viande. Réfrigérer : il prend en gelée.
- Démouler froid. Tailler en tranches.
- Servir sur du pain rassis légèrement humecté de bouillon chaud, façon ration de tranchée.
Comment on faisait : Le « singe » était du bœuf bouilli en conserve (souvent importé de Madagascar ou d'Amérique du Sud), surnommé ainsi par dérision par les poilus. Le pain de guerre ou « biscuit » était si dur qu'il fallait le tremper. Ces rations de réserve ne s'ouvraient que sur ordre.
Le twist contemporain : Rebaptisé « terrine de bœuf en gelée, mouillette de campagne », c'est devenu une entrée de bistrot tout à fait respectable, avec un trait de moutarde et quelques cornichons.
Sources : Silvano Serventi, À table dans les tranchées, 2014
Philippe Pétain · Charactorium





