La carte de Raphaël
Biancomangiare — blanc-manger de chapon aux amandes
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Servizio di cucina (plat chaud délicat, plat d'honneur des grands)

Biancomangiare — blanc-manger de chapon aux amandes

FestifDocumentée🍯 🍄moyen45 min
Servizio di cucina (plat chaud délicat, plat d'honneur des grands)

Biancomangiare — blanc-manger de chapon aux amandes

Pourquoi ce plat ? Aux tables de ses mécènes — le banquier Agostino Chigi à la Villa Farnesina, la cour pontificale — Raphaël fut convive des plus fastueux festins de Rome. Le biancomangiare, blanc comme l'idéal de pureté qu'il cherchait dans ses Madones, était LE mets de prestige du banquet : on le servait aux princes et aux malades de marque.

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Servizio di cucina (plat chaud délicat, plat d'honneur des grands)

Une préparation d'un blanc immaculé : blanc de chapon effiloché et cuit longuement dans du lait d'amande sucré, parfumé d'eau de rose, lié jusqu'à devenir un velouté épais qu'on parsème de sucre et de cannelle.

À la Farnesina, chez le magnifique Chigi, j'ai vu dresser des tables où l'argenterie elle-même semblait pâlir devant ce mets tout blanc. On pile l'amande jusqu'au lait, on y défait le blanc d'un chapon, et l'on remue, l'on remue sur petit feu, comme on lisse un glacis jusqu'à ce que nulle aspérité ne demeure. Une larme d'eau de rose, un voile de sucre et de cannelle par-dessus, et voilà un plat digne d'un cardinal — moi qui aime tant l'harmonie, j'y reconnais ma manière : tout y est mesure et douceur.
Raphaël
Ingrédients
  • Blanc de chaponla chair d'un blanc (base protéinée effilochée)
  • Amandes doucesune bonne mesure (lait d'amande)
  • Sucreà discrétion (douceur)
  • Eau de rosequelques gouttes (parfum)
  • Amidon (ou mie, ou farine de riz)un peu (liaison)
  • Cannelleune pincée (épice de finition)
Comment on faisait : Le biancomangiare est l'un des plats les plus célèbres de toute l'Europe médiévale et renaissante. Maestro Martino, Platina puis Scappi en codifient la recette. Sa blancheur (amande, sucre, volaille, parfois riz) en faisait un mets de luxe et de régime, offert aux convives de marque et aux convalescents.
Sources : Maestro Martino, Libro de arte coquinaria, v. 1465 · Bartolomeo Platina, De honesta voluptate, 1474 · Bartolomeo Scappi, Opera, 1570 (codification romaine de la recette)

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