La carte de René Descartes
Potspijs (le pot unique du middagmaal)

Hutspot de Leyde aux carottes et panais

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile50 min

Un écrasé fondant de carottes, panais et oignons mijotés longuement, lié au bouillon et relevé de muscade. Le plat du peuple comme du savant, servi dans une terrine où chacun puise.

Potspijs (le pot unique du middagmaal)

Un écrasé fondant de carottes, panais et oignons mijotés longuement, lié au bouillon et relevé de muscade. Le plat du peuple comme du savant, servi dans une terrine où chacun puise.

Approchez, et ne vous fiez pas à sa pauvre mine. J'ai séjourné des années à Leyde, et nulle part on ne fait ce pot mieux qu'en cette ville. Voyez : je veux des aliments simples, qui nourrissent le corps sans appesantir l'entendement, car un ventre trop chargé obscurcit le jugement comme une vapeur. Mes hôtesses hollandaises faisaient longuement réduire les racines au feu doux, puis les pilaient avec un peu de beurre ; je n'y ajoutais qu'un trait de muscade, et j'en mangeais sobrement, songeant que la santé du corps est le premier instrument de la raison.
René Descartes
Ingrédients
  • Carottesune bonne brassée (douceur et corps)
  • Panaisautant que de carottes (racine fondante)
  • Oignonsquelques-uns (base aromatique)
  • Bouillon (de bœuf ou d'os)de quoi couvrir (liquide de cuisson, umami)
  • Beurreune noix généreuse (liaison grasse)
  • Noix de muscaderâpée à l'envi (épice signature)
  • Selselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Au XVIIe siècle, ce ragoût mijotait des heures dans un pot de fonte suspendu à la crémaillère, sans pomme de terre (le tubercule n'était pas encore entré dans l'alimentation courante des Provinces-Unies) : on l'épaississait avec les racines elles-mêmes et parfois un morceau de viande grasse.
Sources : De verstandige kock (Amsterdam, 1667) · Tradition du hutspot de Leiden (siège de 1574)