La carte de Robert Desnos
Soupe à l'oignon gratinée des Halles
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La soupe-des-nuits-blanches (le réconfort des noctambules à l'aube)

Soupe à l'oignon gratinée des Halles

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La soupe-des-nuits-blanches (le réconfort des noctambules à l'aube)

Soupe à l'oignon gratinée des Halles

Pourquoi ce plat ? Desnos arpentait Paris la nuit, des cafés de Montparnasse aux pavés du centre. Au petit matin, près des Halles, on partageait la fameuse gratinée fumante avec les forts du marché et les fêtards. C'était l'heure conviviale par excellence, celle où la bande surréaliste prolongeait la nuit autour d'un bol brûlant.

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La soupe-des-nuits-blanches (le réconfort des noctambules à l'aube)

Des oignons longuement fondus jusqu'au roux, mouillés de bouillon, versés sur du pain et coiffés d'un chapeau de fromage gratiné au four. La soupe qui réchauffe les corps et scelle les amitiés à l'aube.

Tu n'as pas vécu si tu n'as pas mangé la gratinée aux Halles à quatre heures du matin, coude à coude avec les bouchers en tablier ! On sortait du café la tête pleine de mots et de fumée, et là, ce bol brûlant te remettait l'âme en place. Le truc, vois-tu, c'est de laisser les oignons fondre tout doux, longtemps, jusqu'à ce qu'ils prennent la couleur du miel — pas de précipitation, comme pour un poème. Et le fromage dessus qui file en gratinant : un délice à se brûler les doigts. On en ressortait neufs, prêts à refaire le monde.
Robert Desnos
Ingrédients
  • Oignonsune grosse poignée, émincés (base sucrée-caramélisée)
  • Beurreune noix (cuisson)
  • Bouillon (de pot-au-feu)une louchée par bol (liquide)
  • Pain rassisquelques tranches (socle)
  • Fromage à gratiner (gruyère, comté)une bonne couche (chapeau gratiné)
Comment on faisait : La gratinée des Halles est une institution parisienne du début du XXe siècle : le ventre de Paris, son grand marché, ne dormait jamais, et les bistrots alentour servaient nuit et jour cette soupe aux travailleurs comme aux noctambules en frac. C'était le point de ralliement de toutes les classes au lever du jour.
Sources : Émile Zola, Le Ventre de Paris, 1873 (cadre des Halles) · Auguste Escoffier, Le Guide culinaire, 1903

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