Ipocrasso (vin épicé d'Hippocrate)
Un vin rouge réchauffé de sucre, cannelle, gingembre et girofle, longuement filtré jusqu'à devenir limpide et soyeux. Doux, épicé, réconfortant : la coupe qui referme le repas et réchauffe les soirées d'hiver toscanes.
Un vin rouge réchauffé de sucre, cannelle, gingembre et girofle, longuement filtré jusqu'à devenir limpide et soyeux. Doux, épicé, réconfortant : la coupe qui referme le repas et réchauffe les soirées d'hiver toscanes.
Avant de te lever de table, accepte cette coupe : c'est l'ipocrasso, ainsi nommé d'après le filtre en pointe, la manche d'Hippocrate, par où on le fait couler jusqu'à ce qu'il soit clair comme un vernis. On y fond le sucre, la cannelle, le gingembre et le girofle — toutes choses précieuses que les marchands rapportent par-delà les mers. Bois-le tiède : il réchauffe le sang, délie la langue et fait que la conversation sur les Muses dure jusqu'à la nuit. Modérément, toutefois — un peintre doit garder la main sûre au matin.
- •Vin rouge — un pichet (base)
- •Sucre (ou miel) — à volonté (douceur)
- •Cannelle — un bâton (épice maîtresse)
- •Gingembre — un morceau (épice chaude)
- •Clou de girofle — quelques-uns (épice)
- •Graines de paradis ou poivre long — un peu (épice (facultatif))
Ipocrasso (vin épicé d'Hippocrate)
Un vin rouge réchauffé de sucre, cannelle, gingembre et girofle, longuement filtré jusqu'à devenir limpide et soyeux. Doux, épicé, réconfortant : la coupe qui referme le repas et réchauffe les soirées d'hiver toscanes.
Pourquoi ce plat ? À Florence, on clôturait les belles tables par l'ipocrasso, vin sucré et épicé filtré à travers la « manche d'Hippocrate ». Pour un peintre qui dînait chez les commanditaires fortunés, cette boisson chaude et parfumée accompagnait les confiseries du dernier service.
Avant de te lever de table, accepte cette coupe : c'est l'ipocrasso, ainsi nommé d'après le filtre en pointe, la manche d'Hippocrate, par où on le fait couler jusqu'à ce qu'il soit clair comme un vernis. On y fond le sucre, la cannelle, le gingembre et le girofle — toutes choses précieuses que les marchands rapportent par-delà les mers. Bois-le tiède : il réchauffe le sang, délie la langue et fait que la conversation sur les Muses dure jusqu'à la nuit. Modérément, toutefois — un peintre doit garder la main sûre au matin.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin rouge — un pichet (base)
- Sucre (ou miel) — à volonté (douceur)
- Cannelle — un bâton (épice maîtresse)
- Gingembre — un morceau (épice chaude)
- Clou de girofle — quelques-uns (épice)
- Graines de paradis ou poivre long — un peu (épice (facultatif))
Ingrédients
- Vin rouge corsé — 75 cl (base)
- Sucre — 120 g (douceur)
- Bâton de cannelle — 1 (épice)
- Gingembre frais — 5 tranches (épice)
- Clous de girofle — 4 (épice)
- Poivre long ou graines de paradis — 1 pincée (épice (facultatif))
Préparation
- Verser le vin dans une casserole avec le sucre et toutes les épices.
- Chauffer doucement sans faire bouillir, jusqu'à dissolution du sucre, puis laisser infuser hors du feu 30 min à 1 h, couvert.
- Filtrer soigneusement deux fois à travers un linge fin (l'équivalent de la « manche d'Hippocrate ») pour une boisson limpide.
- Réchauffer doucement avant de servir, en petites coupes.
Comment on faisait : L'ipocrasso (hypocras) est attesté dans toute l'Europe médiévale et Renaissance ; son nom vient du filtre conique dit « manche d'Hippocrate ». On le servait sucré et épicé en fin de repas, parfois froid l'été. Les épices — cannelle, gingembre, girofle, graines de paradis — affichaient la richesse de l'hôte, le commerce épicier étant florissant à Florence.
Le twist contemporain : Servir dans de petits verres avec un bâton de cannelle, ou le glacer en granité épicé pour une version estivale qui surprend les convives.
Sources : Le Ménagier de Paris (1393), recette d'hypocras · Platina, De honesta voluptate et valetudine, 1474
Sandro Botticelli · Charactorium