La carte de Tchinguiz Aïtmatov
Beshbarmak (les cinq doigts)
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Plat d'honneur du dastorkon — viande partagée

Beshbarmak (les cinq doigts)

FestifDocumentée🧂 🍄moyen3 h
Plat d'honneur du dastorkon — viande partagée

Beshbarmak (les cinq doigts)

Pourquoi ce plat ? Le beshbarmak est LE plat que l'on dresse pour le convive de marque, celui par lequel un aïl honore son hôte. Aïtmatov, né dans le village de Sheker au cœur de la vallée de Talas, a grandi dans cette culture où la venue d'un visiteur valait qu'on égorge un mouton ; ses romans reviennent sans cesse à cette table nomade et à ses rites d'hospitalité.

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Plat d'honneur du dastorkon — viande partagée

Mouton longuement bouilli, effiloché à la main et disposé sur de larges lambeaux de pâte ébouillantée, le tout arrosé du bouillon parfumé à l'oignon. On le mange avec les doigts — d'où son nom — dans un grand plat commun.

Chez nous, à Sheker, on ne demandait pas au voyageur s'il avait faim : on égorgeait la bête, et toute la yourte sentait le mouton qui bout dans le grand chaudron de fonte. Ma grand-mère étalait la pâte aussi fine qu'une feuille, la coupait en larges carrés, et l'aîné recevait la tête de l'animal comme on remet une parole d'honneur. On mangeait à pleines mains, serrés autour du plat, et le bouillon brûlant à l'oignon nous réchauffait jusqu'à l'âme. Crois-moi, on ne devient pas un homme de la steppe sans avoir partagé ce plat-là.
Tchinguiz Aïtmatov
Ingrédients
  • Épaule et côtes de mouton (avec l'os)un bon morceau pour la tablée (viande de fête)
  • Farine de bléà volonté (pâte (kesme/salma))
  • Œufselon la pâte (lie la pâte)
  • Oignonsplusieurs (bouillon (chyk))
  • Selau goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Dans la yourte, le mouton cuisait des heures dans le kazan, le chaudron posé sur le foyer. La répartition de la viande obéissait à une étiquette stricte : la tête (bash) à l'invité d'honneur, certains morceaux aux anciens, d'autres aux femmes et aux enfants. Rien ne se perdait.

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