La garbure bigourdane
Une soupe-plat consistante, presque une marmite, où légumes d'hiver, haricots et morceau de canard confit cuisent ensemble jusqu'à former un bouillon nourrissant. On y trempe du pain rassis : c'est tout un repas dans une seule terrine.
Une soupe-plat consistante, presque une marmite, où légumes d'hiver, haricots et morceau de canard confit cuisent ensemble jusqu'à former un bouillon nourrissant. On y trempe du pain rassis : c'est tout un repas dans une seule terrine.
Songez, lecteur, que je suis né à l'ombre des Pyrénées, à Tarbes, là où l'on ne badine pas avec la marmite. Chez nous, la garbure n'est point une soupe, c'est une institution : le chou y embrasse le haricot, le confit y fond sa graisse parfumée, et la cuiller doit y tenir droite comme un sabre. On la laisse chanter sur le coin de l'âtre toute la matinée, et l'on jette dedans le pain de la veille, car rien ne se perd au pays gascon. Croyez-moi, après une telle écuelle, l'on a dans le ventre de quoi défier le vent d'autan.
- •Chou vert frisé — un demi-chou (légume-socle)
- •Cuisse de canard confite — une grosse pièce (viande et gras parfumé)
- •Haricots blancs (tarbais) — une bonne poignée trempée (féculent)
- •Pommes de terre — quelques-unes (liant rustique)
- •Carottes, navet, poireau — à volonté (garniture aromatique)
- •Ail et thym — selon le goût (parfum)
- •Pain rassis — quelques tranches (épaississant)
La garbure bigourdane
Une soupe-plat consistante, presque une marmite, où légumes d'hiver, haricots et morceau de canard confit cuisent ensemble jusqu'à former un bouillon nourrissant. On y trempe du pain rassis : c'est tout un repas dans une seule terrine.
Pourquoi ce plat ? Théophile naît à Tarbes en 1811, au cœur de la Bigorre. Avant le faste des restaurants parisiens, c'est cette soupe paysanne épaisse, où le chou et le confit mijotent des heures, qui nourrit les tablées gasconnes de son enfance.
Songez, lecteur, que je suis né à l'ombre des Pyrénées, à Tarbes, là où l'on ne badine pas avec la marmite. Chez nous, la garbure n'est point une soupe, c'est une institution : le chou y embrasse le haricot, le confit y fond sa graisse parfumée, et la cuiller doit y tenir droite comme un sabre. On la laisse chanter sur le coin de l'âtre toute la matinée, et l'on jette dedans le pain de la veille, car rien ne se perd au pays gascon. Croyez-moi, après une telle écuelle, l'on a dans le ventre de quoi défier le vent d'autan.
Ingrédients (version d’époque)
- Chou vert frisé — un demi-chou (légume-socle)
- Cuisse de canard confite — une grosse pièce (viande et gras parfumé)
- Haricots blancs (tarbais) — une bonne poignée trempée (féculent)
- Pommes de terre — quelques-unes (liant rustique)
- Carottes, navet, poireau — à volonté (garniture aromatique)
- Ail et thym — selon le goût (parfum)
- Pain rassis — quelques tranches (épaississant)
Ingrédients
- Chou vert frisé — 1/2 chou émincé (légume-socle)
- Cuisses de canard confites — 2 (viande et gras parfumé)
- Haricots tarbais (ou lingots) — 200 g, trempés la veille (féculent)
- Pommes de terre — 3 moyennes (liant rustique)
- Carottes — 2 (garniture)
- Navet et blanc de poireau — 1 de chaque (garniture)
- Ail — 3 gousses (parfum)
- Thym, laurier — 1 bouquet (parfum)
- Pain de campagne rassis — 4 tranches (épaississant)
Préparation
- La veille, faire tremper les haricots dans l'eau froide.
- Cuire les haricots égouttés dans une grande marmite d'eau avec ail, thym et laurier, environ 1 heure.
- Ajouter chou émincé, carottes, navet et poireau en morceaux ; laisser mijoter 30 min.
- Récupérer un peu de graisse des cuisses de canard et la verser dans la soupe ; ajouter les pommes de terre, cuire 20 min.
- Effilocher la chair de canard confit, l'ajouter en fin de cuisson pour la réchauffer.
- Saler avec mesure (le confit est déjà salé), poivrer, et servir bien chaud sur des tranches de pain rassis au fond de l'assiette creuse.
Comment on faisait : Dans les fermes gasconnes, la garbure mijotait toute la journée au coin du feu et se mangeait en plusieurs services : d'abord le bouillon sur le pain, puis les légumes et la viande. On terminait par le « goudale » : un fond de bouillon mêlé d'un trait de vin rouge bu à même l'assiette.
Le twist contemporain : Servir le bouillon en tasse à part, en « cappuccino de garbure » émulsionné, et la viande effilochée dressée sur la tranche de pain grillée frottée d'ail.
Théophile Gautier · Charactorium


