La carte de Théophile Gautier
Soupe-repas du foyer gascon

La garbure bigourdane

QuotidienReconstitution🧂 🍄facile2 h (dont trempage la veille)

Une soupe-plat consistante, presque une marmite, où légumes d'hiver, haricots et morceau de canard confit cuisent ensemble jusqu'à former un bouillon nourrissant. On y trempe du pain rassis : c'est tout un repas dans une seule terrine.

Soupe-repas du foyer gascon

Une soupe-plat consistante, presque une marmite, où légumes d'hiver, haricots et morceau de canard confit cuisent ensemble jusqu'à former un bouillon nourrissant. On y trempe du pain rassis : c'est tout un repas dans une seule terrine.

Songez, lecteur, que je suis né à l'ombre des Pyrénées, à Tarbes, là où l'on ne badine pas avec la marmite. Chez nous, la garbure n'est point une soupe, c'est une institution : le chou y embrasse le haricot, le confit y fond sa graisse parfumée, et la cuiller doit y tenir droite comme un sabre. On la laisse chanter sur le coin de l'âtre toute la matinée, et l'on jette dedans le pain de la veille, car rien ne se perd au pays gascon. Croyez-moi, après une telle écuelle, l'on a dans le ventre de quoi défier le vent d'autan.
Théophile Gautier
Ingrédients
  • Chou vert friséun demi-chou (légume-socle)
  • Cuisse de canard confiteune grosse pièce (viande et gras parfumé)
  • Haricots blancs (tarbais)une bonne poignée trempée (féculent)
  • Pommes de terrequelques-unes (liant rustique)
  • Carottes, navet, poireauà volonté (garniture aromatique)
  • Ail et thymselon le goût (parfum)
  • Pain rassisquelques tranches (épaississant)
Comment on faisait : Dans les fermes gasconnes, la garbure mijotait toute la journée au coin du feu et se mangeait en plusieurs services : d'abord le bouillon sur le pain, puis les légumes et la viande. On terminait par le « goudale » : un fond de bouillon mêlé d'un trait de vin rouge bu à même l'assiette.

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