Boisson de cabinet (entremets liquide du philosophe)
Café à la mode de Ferney
BoissonDocumentée☕ 🍯facile10 min
Un café noir, corsé et amer, parfois adouci d'une pointe de chocolat et de sucre — la boisson stimulante qui veillait avec le philosophe sur ses manuscrits.
Boisson de cabinet (entremets liquide du philosophe)
Un café noir, corsé et amer, parfois adouci d'une pointe de chocolat et de sucre — la boisson stimulante qui veillait avec le philosophe sur ses manuscrits.
On me dit que ce breuvage est un poison lent ; je le veux bien, car il y a soixante-dix ans que j'en prends et je ne suis pas encore mort. Le café est l'ami du travailleur : il dissipe les brumes de l'esprit et rend la plume légère. Je le prends noir et brûlant, et quand le cœur m'en dit, j'y mêle un peu de cette pâte de cacao qui en adoucit l'âpreté sans en ôter le feu. Buvez-en, lecteur, mais songez à ce que vous écrirez ensuite : un bon café mérite une bonne pensée.
Ingrédients
- •Café moulu (grains du Levant) — généreusement (base)
- •Eau bouillante — ce qu'il faut (extraction)
- •Chocolat (pâte de cacao) — un petit morceau, facultatif (rondeur, douceur amère)
- •Sucre — selon le goût (douceur)
Comment on faisait : Le café conquiert les salons parisiens dès la fin du XVIIe siècle (le Procope ouvre en 1686). Au XVIIIe, il devient la boisson des philosophes et des cafés littéraires, hauts lieux de débat des Lumières. On le préparait par infusion ou décoction, le café filtre moderne n'apparaissant qu'au début du XIXe siècle.
Sources : Correspondance de Voltaire (témoignages sur sa consommation de café) · Wolfgang Schivelbusch, Histoire des stimulants (1980)