La carte de Yusuf Balasaguni
Beshbarmak (بشبرماق)
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Et taami (plat de viande, cœur du dastarkhan)

Beshbarmak (بشبرماق)

FestifReconstitution🧂 🍄moyen3h30
Et taami (plat de viande, cœur du dastarkhan)

Beshbarmak (بشبرماق)

Pourquoi ce plat ? Le beshbarmak — littéralement 'cinq doigts', car on le mange à la main — est le plat d'honneur des banquets turcs. Yusuf Balasaguni, admis à la cour du khan karakhanide Tavghatch Bughra Khan à Kachgar après avoir offert son Kutadgu Bilig, a certainement partagé ce mets lors des festins de la cour. Dans son œuvre même, il évoque les banquets comme lieux de sagesse et de pouvoir.

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Et taami (plat de viande, cœur du dastarkhan)

Mouton bouilli longuement sur l'os, découpé et servi sur de larges pâtes fraîches, arrosé du bouillon concentré et accompagné d'oignons fondus dans la graisse de queue. C'est le plat royal de la steppe sédentarisée.

Sache, ô toi qui cherches la sagesse, que la table du khan est miroir de sa justice. Quand Tavghatch Bughra Khan me fit l'honneur de recevoir mon ouvrage, on dressa un dastarkhan dont le beshbarmak occupait le centre — un mouton entier, bouilli avec patience jusqu'à ce que la chair se détache seule de l'os. Les pâtes, larges comme la paume, recueillaient le bouillon gras, et chaque convive mangeait de ses cinq doigts, selon le rang que le khan lui assignait. Le morceau de la tête revient au plus honoré : ce soir-là, par la grâce de Dieu, ce fut le poète.
Yusuf Balasaguni
Ingrédients
  • Mouton entier (épaule et gigot sur l'os)une bête d'un an ou demi-bête (viande principale)
  • Graisse de queue de moutonun bon morceau (corps gras pour les oignons)
  • Oignonsplusieurs, émincés (garniture fondante)
  • Farine de bléde quoi pétrir une pâte ferme (pâtes fraîches)
  • Selselon le goût (assaisonnement)
  • Eaude quoi couvrir la viande largement (bouillon)
Comment on faisait : Le beshbarmak est attesté chez les peuples turcs depuis l'époque pré-islamique. Mahmud al-Kashgari, contemporain de Yusuf Balasaguni, décrit dans son Dîwân Lughât al-Turk (1072-1074) les pratiques alimentaires turques, dont la cuisson prolongée du mouton et les pâtes de blé. Le plat se mangeait à même le grand plat commun, à cinq doigts, d'où son nom.
Sources : Mahmud al-Kashgari, Dîwân Lughât al-Turk (Compendium des langues turques), 1072-1074 · Yusuf Khass Hajib, Kutadgu Bilig, édition R. R. Arat, 1947 · Charles Perry, 'The Central Asian roots of Turkish cuisine', in A Taste of Thyme: Culinary Cultures of the Middle East, 2006

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