La carte de Abaï Kounanbaïev
Beshbarmak (бешбармақ)
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Et asï (plat de viande central)

Beshbarmak (бешбармақ)

FestifDocumentée🧂 🍄moyen3h30
Et asï (plat de viande central)

Beshbarmak (бешбармақ)

Pourquoi ce plat ? Abaï, issu d'une lignée de sultans-gouverneurs, présidait régulièrement des dastarkhan cérémoniels dans sa résidence de Jidebaï et lors des festivités des monts Chinguiz-Taou. Le beshbarmak — littéralement « cinq doigts », car on le mange à la main — est le plat d'honneur de toute réception kazakhe. Distribuer les morceaux de mouton selon le rang des convives faisait partie des devoirs d'un hôte de son standing.

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Et asï (plat de viande central)

Grand plat de viande bouillie de mouton déposée sur des feuilles de pâte (jalpak kespe), nappée d'oignons fondus dans le bouillon gras, servi avec la sörpa à part. Chaque convive reçoit un morceau attribué selon son rang.

Ami, sache que chez nous un homme se juge à son dastarkhan. Quand je reçois un voyageur de passage dans la steppe, le mouton est déjà à bouillir avant même que sa monture soit dessellée. La tête, on la présente à l'aîné ; le bassin revient à l'hôte d'honneur. Les feuilles de pâte boivent le jus du bouillon et la graisse parfume les doigts — c'est pour cela qu'on dit beshbarmak, les cinq doigts. Je regarde mes convives manger et je sais si mon hospitalité est digne de la mémoire de mes pères.
Abaï Kounanbaïev
Ingrédients
  • Mouton entier (un jeune bélier)un animal, environ 15-20 kg (Viande principale, bouillie longuement)
  • Graisse de queue de mouton (kuyryk-may)la queue entière (Graisse de cuisson et nappage)
  • Farine de bléplusieurs poignées (Pâte pour les jalpak (feuilles))
  • Oignons sauvages ou cultivésune brassée (Garniture fondante dans le bouillon)
  • Selselon le goût (Assaisonnement)
  • Eau de sourceabondante (Bouillon)
Comment on faisait : Dans la steppe du XIXe siècle, on tuait un mouton entier pour l'occasion. La cuisson se faisait dans un kazan (chaudron en fonte) posé sur un foyer ouvert, à l'intérieur ou devant la yourte. La pâte était abaissée au rouleau directement sur un cuir tanné. La distribution des morceaux obéissait à un protocole strict : la tête au doyen, le bassin (janbas) à l'invité principal, les côtes aux femmes, les vertèbres aux enfants.
Sources : Алтынбеков М., Қазақтың дәстүрлі тағамдары (Plats traditionnels kazakhs), Almaty, 2007 · Zardykhan, Zharmukhamed, « Food Culture of the Kazakh Nomads », Central Asian Survey, vol. 23, 2004

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