La carte de Abraham Joshua Heschel
Tcholent, le mijoté qui veille toute la nuit
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Plat du déjeuner de Shabbat tenu au chaud (chamin ashkénaze)

Tcholent, le mijoté qui veille toute la nuit

ConservationDocumentée🧂 🍄moyen12 h (cuisson lente, sans surveillance)
Plat du déjeuner de Shabbat tenu au chaud (chamin ashkénaze)

Tcholent, le mijoté qui veille toute la nuit

Pourquoi ce plat ? Parce qu'allumer un feu est défendu le jour du Shabbat, les familles polonaises de la jeunesse de Heschel glissaient le vendredi avant la nuit une marmite scellée dans le four du boulanger, où elle cuisait jusqu'au lendemain midi. Le plat est l'incarnation même du repos qu'il a tant médité : la cuisine se fait sans qu'on y touche.

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Plat du déjeuner de Shabbat tenu au chaud (chamin ashkénaze)

Un ragoût brun et fondant de haricots, d'orge et de viande à braiser, cuit très lentement une nuit entière. Des œufs cuits dans leur coquille brunissent au cœur de la marmite.

Le vendredi, quand le soleil baissait, on portait la marmite chez le boulanger — la sienne, scellée d'une pâte, parmi cent autres qui se ressemblaient toutes. Et le samedi à midi, on la rapportait fumante : la viande s'effiloche d'elle-même, les haricots ont bu tout le suc, et les œufs sont devenus bruns comme l'ambre. Comprends bien : ce plat cuit pendant que nous prions, il travaille tandis que nous, nous nous reposons. Il n'y a pas de plus belle leçon de Shabbat dans une marmite.
Abraham Joshua Heschel
Ingrédients
  • Poitrine de bœufun beau morceau (viande fondante)
  • Os à moelleun ou deux (richesse du bouillon)
  • Haricots secsune bonne poignée par convive (féculent)
  • Orge perléune jatte (liant et corps)
  • Oignonsplusieurs (fond aromatique)
  • Graisse d'oie (schmaltz)une cuillerée (rondeur)
  • Pommes de terrequelques-unes (féculent fondant)
  • Œufs entiersun par convive (cuits en coquille au cœur du plat)
  • Paprika et ailselon le goût (couleur et parfum)
Comment on faisait : Le mot tcholent viendrait du vieux français « chald » (chaud) ou de « chaud-lent ». Comme on ne pouvait ni allumer ni raviver un feu le samedi, le plat reposait dans la chaleur déclinante du four communal du boulanger : chaque famille reconnaissait sa marmite à une marque.
Sources : Claudia Roden, The Book of Jewish Food (1996) · John Cooper, Eat and Be Satisfied: A Social History of Jewish Food (1993)

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