Harisa khorasanienne
Bouillie épaisse de blé concassé longuement cuite avec du mouton jusqu'à former une purée onctueuse, parfumée à la cannelle et servie avec du beurre fondu. Un plat de réconfort ancien, partagé lors des veillées et des fêtes.
Bouillie épaisse de blé concassé longuement cuite avec du mouton jusqu'à former une purée onctueuse, parfumée à la cannelle et servie avec du beurre fondu. Un plat de réconfort ancien, partagé lors des veillées et des fêtes.
Quand nous étions réunis à Nichapour chez nos maîtres, lors des nuits bénies du Ramadan, on apportait la harisa dans un grand plat de cuivre. Le blé et la viande avaient cuit ensemble toute la nuit, si longuement que l'on ne distinguait plus l'un de l'autre. On creusait un puits au centre pour y verser le beurre fondu, et chacun prenait sa part avec un morceau de pain. Ce plat réchauffe le corps du voyageur épuisé et fortifie celui qui reprend la route au matin. Il y a dans cette patience de la cuisson une leçon pour celui qui recueille les traditions : rien de bon ne vient sans persévérance.
- •Blé entier mondé — Deux grandes poignées (Base céréalière)
- •Mouton (épaule ou jarret) — Un beau morceau (Viande)
- •Cannelle en bâton — Un bâton (Aromate principal)
- •Beurre clarifié (samn) — Un bon morceau (Finition)
- •Sel — À goût (Assaisonnement)
- •Cumin moulu — Une pincée (Épice)
Harisa khorasanienne
Bouillie épaisse de blé concassé longuement cuite avec du mouton jusqu'à former une purée onctueuse, parfumée à la cannelle et servie avec du beurre fondu. Un plat de réconfort ancien, partagé lors des veillées et des fêtes.
Pourquoi ce plat ? La harisa est le plat de fête par excellence du Khorasan. À Tirmidh, on la préparait pour les nuits de Ramadan et les occasions où la communauté des savants se rassemblait. Al-Tirmidhi, qui jeûnait abondamment, rompait le jeûne avec ce mets riche et reconstituant.
Quand nous étions réunis à Nichapour chez nos maîtres, lors des nuits bénies du Ramadan, on apportait la harisa dans un grand plat de cuivre. Le blé et la viande avaient cuit ensemble toute la nuit, si longuement que l'on ne distinguait plus l'un de l'autre. On creusait un puits au centre pour y verser le beurre fondu, et chacun prenait sa part avec un morceau de pain. Ce plat réchauffe le corps du voyageur épuisé et fortifie celui qui reprend la route au matin. Il y a dans cette patience de la cuisson une leçon pour celui qui recueille les traditions : rien de bon ne vient sans persévérance.
Ingrédients (version d’époque)
- Blé entier mondé — Deux grandes poignées (Base céréalière)
- Mouton (épaule ou jarret) — Un beau morceau (Viande)
- Cannelle en bâton — Un bâton (Aromate principal)
- Beurre clarifié (samn) — Un bon morceau (Finition)
- Sel — À goût (Assaisonnement)
- Cumin moulu — Une pincée (Épice)
Ingrédients
- Blé concassé grossier (type boulghour gros ou blé perlé) — 300 g (Base céréalière)
- Épaule d'agneau désossée — 400 g (Viande)
- Cannelle en bâton — 1 bâton (Aromate principal)
- Cannelle moulue — 1/2 c. à café (Finition)
- Beurre clarifié (ghee) — 60 g (Finition)
- Sel — 1 c. à café (Assaisonnement)
- Cumin moulu — 1/2 c. à café (Épice)
- Eau — 2 litres (Cuisson)
Préparation
- La veille, faire tremper le blé concassé dans de l'eau froide pendant au moins 8 heures.
- Couper l'agneau en gros morceaux. Le placer dans une grande marmite avec le blé égoutté, le bâton de cannelle, le cumin et le sel. Couvrir d'eau.
- Porter à ébullition, écumer, puis baisser au minimum. Laisser cuire à couvert 3 à 4 heures en remuant régulièrement, en ajoutant de l'eau si nécessaire.
- Quand le blé est complètement défait et la viande s'effiloche au toucher, retirer le bâton de cannelle. Écraser et battre vigoureusement à la cuillère en bois (ou mixer partiellement) pour obtenir une purée épaisse et fibreuse.
- Servir dans un plat creux, creuser un puits au centre, y verser le ghee fondu et saupoudrer de cannelle moulue.
Comment on faisait : La harisa est l'un des plats les plus anciens et les mieux documentés de la cuisine islamique médiévale. Al-Warrâq en donne une recette détaillée. Dans le Khorasan, on la cuisait toute la nuit dans de grands chaudrons pour les rassemblements religieux. Le blé entier nécessitait un pilonnage et une cuisson très longs — d'où l'usage de relais nocturnes pour surveiller le feu.
Le twist contemporain : Dresser dans des bols individuels en terre cuite, avec un filet de ghee noisette et quelques grains de grenade pour la couleur.
Sources : Ibn Sayyâr al-Warrâq, Kitâb al-Tabîkh (Xe siècle), chapitre sur les harisa · Charles Perry, A Baghdad Cookery Book (traduction du Kitâb al-Tabîkh d'al-Baghdâdî, XIIIe siècle), Prospect Books, 2005
Al-Tirmidhi · Charactorium





