La carte de Alexandre Ier
Pervoïé blioudo d'été — la soupe-socle glacée que l'on sert aux beaux jours, avant le plat chaud

Botvinia au poisson noble (soupe froide au kvas)

FestifDocumentée🍋 🫙 🧂moyen40 min + réfrigération

Soupe servie froide : un bouillon acidulé de kvas de seigle mêlé d'épinards et d'oseille hachés, relevé de concombre frais, d'aneth et de raifort, sur lequel on dépose des morceaux de poisson poché. Rafraîchissante, vive, terriblement élégante.

Pervoïé blioudo d'été — la soupe-socle glacée que l'on sert aux beaux jours, avant le plat chaud

Soupe servie froide : un bouillon acidulé de kvas de seigle mêlé d'épinards et d'oseille hachés, relevé de concombre frais, d'aneth et de raifort, sur lequel on dépose des morceaux de poisson poché. Rafraîchissante, vive, terriblement élégante.

Quand le soleil de juillet écrase la Néva, je ne saurais offrir à mes hôtes une soupe brûlante. Voici donc la botvinia, gloire de nos étés du Nord. On hache fin l'oseille et les jeunes feuilles, on les fond à peine, et on les noie dans le kvas le plus aigre de ma cave ; là-dessus, le concombre, l'aneth, une pointe de raifort qui pique le nez, et le bel esturgeon froid de la Volga. On la sert si glacée que le cristal s'embue. Tenez — goûtez, et dites-moi si la France a rien de plus fin par grande chaleur.
Alexandre Ier
Ingrédients
  • Kvas de pain de seigle, bien aigreun grand pichet (bouillon fermenté acide)
  • Oseille et épinardsdeux poignées (verdure-socle)
  • Esturgeon ou saumon pochéde beaux morceaux (garniture noble)
  • Concombre fraisun (fraîcheur)
  • Raifort râpéun peu (piquant)
  • Aneth et oignon vertà profusion (aromates)
Comment on faisait : « Botva » désigne les fanes : à l'origine on utilisait les fanes de betterave. Le kvas, bière de pain de seigle légèrement alcoolisée et fermentée, servait de base à toute une famille de soupes froides (dont l'okrochka). On la gardait au frais dans les caves à glace remplies de neige tassée l'hiver.
Sources : Elena Molokhovets, « Podarok molodym khozyaikam » (1861) · William Pokhlyobkin, « Histoire de la cuisine russe »