La carte de Alexis de Tocqueville
Rôt du dîner (pièce maîtresse)

Caneton à la rouennaise

FestifReconstitution🍄 🧂difficile50 min

Caneton rôti saignant, découpé, dont la carcasse pressée rend un jus de sang lié au vin rouge et au beurre, parfumé d'échalote. Un plat de prestige des tables normandes et parisiennes du XIXe siècle.

Rôt du dîner (pièce maîtresse)

Caneton rôti saignant, découpé, dont la carcasse pressée rend un jus de sang lié au vin rouge et au beurre, parfumé d'échalote. Un plat de prestige des tables normandes et parisiennes du XIXe siècle.

Voici un mets dont notre Normandie peut s'enorgueillir, et que je servais volontiers à mes hôtes. Le caneton se rôtit à la broche, encore saignant, car c'est de son sang même que se tire la noblesse de la sauce, relevée d'un bon vin et d'une échalote du jardin. On le découpe à la table, sous les yeux du convive, et le maître de maison met quelque honneur à conduire lui-même l'opération. Croyez-moi, rien ne délie mieux les langues d'un dîner que ce plat-là, et j'y ai entendu bien des confidences sur l'état de notre pays.
Alexis de Tocqueville
Ingrédients
  • Caneton de Duclair ou de Rouenun, étouffé pour garder son sang (viande maîtresse)
  • Vin rouge corséun grand verre (sauce)
  • Échalotes grisesquelques-unes hachées (aromate)
  • Foie du canetoncelui de la bête (liaison de la sauce)
  • Beurreun morceau (montage de la sauce)
  • Sel, poivre du moulinselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Le canard rouennais, élevé étouffé pour conserver son sang, donnait jadis une sauce liée à la presse à canard, instrument d'apparat. Avant la codification de la fin du XIXe siècle, on en servait déjà des versions dans les maisons normandes : carcasse pressée, sang et foie liant un jus de vin rouge.