La carte de Antonio de Beatis
Boisson de fin de service, présentée à la credenza avec les confiseries

Ipocrasso (vin chaud épicé, hippocras)

BoissonDocumentée🍯 🌶️facile15 min (+ infusion)

Un vin parfumé d'épices douces et de sucre, filtré jusqu'à la limpidité à travers un linge (la « manche d'Hippocrate » qui lui donne son nom). On le sert en petite quantité, à la fin du repas, avec les biscuits secs.

Boisson de fin de service, présentée à la credenza avec les confiseries

Un vin parfumé d'épices douces et de sucre, filtré jusqu'à la limpidité à travers un linge (la « manche d'Hippocrate » qui lui donne son nom). On le sert en petite quantité, à la fin du repas, avec les biscuits secs.

Pour clore dignement un repas, lecteur, on présente l'ipocrasso. On prend du bon vin, on y jette cannelle, gingembre, quelques clous de girofle et grains de paradis, du sucre en suffisance, puis l'on passe le tout par une chausse de drap jusqu'à ce qu'il coule clair comme rubis. J'ai goûté en chaque cour le vin du pays, et croyez bien que je notais tout dans mon registre ; mais ainsi épicé, le plus simple cru se faisait digne de la table d'un cardinal.
Antonio de Beatis
Ingrédients
  • Bon vin (rouge ou blanc)une pinte (base)
  • Cannelle, gingembre, girofle, graine de paradisépices pilées (parfum)
  • Sucre (ou miel)à suffisance (douceur)
Comment on faisait : L'hippocras (ipocrasso) tire son nom de la « manche d'Hippocrate », le sac de tissu conique par lequel on le clarifiait. Boisson de clôture très prisée du Moyen Âge à la Renaissance, ses recettes figurent dans de nombreux recueils ; les épices coûteuses signalaient le rang de l'hôte. On le préparait souvent à froid par macération pour ne pas tuer le vin.
Sources : Le Ménagier de Paris, vers 1393 (recette d'hippocras) · Bartolomeo Platina, De honesta voluptate et valetudine, 1474