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Couscous au mouton et aux sept légumes
Pourquoi ce plat ? Le couscous est le centre de gravité des grandes tablées de Cherchell et d'Alger où grandit Fatima-Zohra Imalayen. Plat du vendredi et des fêtes, il rassemblait les femmes de la famille qui roulaient la semoule ensemble — exactement le cercle de voix féminines qu'Assia Djebar passa sa vie à écouter et à écrire.
Une montagne de semoule blonde et vaporeuse, couronnée de morceaux de mouton fondants et d'un bouquet de légumes du potager mijotés dans un bouillon parfumé. Le plat partagé par excellence, autour duquel toute la maisonnée se réunit.
Je revois encore la cour de mon enfance, les femmes accroupies autour du grand plat de terre, roulant la semoule du plat des paumes, grain à grain, dans un murmure qui était déjà une langue. On ne pressait jamais le couscous : trois fois la semoule montait dans le couscoussier au-dessus du bouillon, trois fois on l'aérait et on la graissait du bout des doigts. Ma grand-mère déposait au sommet une noix de smen, et ce parfum — ah, ce parfum — c'était la maison tout entière qui se rassemblait. Sers-le brûlant, et que chacun y plonge la main : c'est ainsi qu'on se parle, chez nous, sans avoir besoin de mots.
- •Semoule de blé dur moyenne — un grand plat (socle, roulée et cuite à la vapeur)
- •Épaule de mouton — selon la maisonnée (viande, fondante au bouillon)
- •Pois chiches trempés — une poignée (garniture, liant)
- •Courgettes, navets, carottes, fèves, potiron — du potager (les sept légumes)
- •Smen (beurre fermenté) — une cuillère (signature, profondeur)
- •Ras-el-hanout, curcuma, poivre noir — au jugé (épices du bouillon)
Couscous au mouton et aux sept légumes
Une montagne de semoule blonde et vaporeuse, couronnée de morceaux de mouton fondants et d'un bouquet de légumes du potager mijotés dans un bouillon parfumé. Le plat partagé par excellence, autour duquel toute la maisonnée se réunit.
Pourquoi ce plat ? Le couscous est le centre de gravité des grandes tablées de Cherchell et d'Alger où grandit Fatima-Zohra Imalayen. Plat du vendredi et des fêtes, il rassemblait les femmes de la famille qui roulaient la semoule ensemble — exactement le cercle de voix féminines qu'Assia Djebar passa sa vie à écouter et à écrire.
Je revois encore la cour de mon enfance, les femmes accroupies autour du grand plat de terre, roulant la semoule du plat des paumes, grain à grain, dans un murmure qui était déjà une langue. On ne pressait jamais le couscous : trois fois la semoule montait dans le couscoussier au-dessus du bouillon, trois fois on l'aérait et on la graissait du bout des doigts. Ma grand-mère déposait au sommet une noix de smen, et ce parfum — ah, ce parfum — c'était la maison tout entière qui se rassemblait. Sers-le brûlant, et que chacun y plonge la main : c'est ainsi qu'on se parle, chez nous, sans avoir besoin de mots.
Ingrédients (version d’époque)
- Semoule de blé dur moyenne — un grand plat (socle, roulée et cuite à la vapeur)
- Épaule de mouton — selon la maisonnée (viande, fondante au bouillon)
- Pois chiches trempés — une poignée (garniture, liant)
- Courgettes, navets, carottes, fèves, potiron — du potager (les sept légumes)
- Smen (beurre fermenté) — une cuillère (signature, profondeur)
- Ras-el-hanout, curcuma, poivre noir — au jugé (épices du bouillon)
Ingrédients
- Semoule de couscous moyenne — 500 g (socle)
- Épaule d'agneau en morceaux — 800 g (viande)
- Pois chiches cuits — 1 boîte (250 g) (garniture)
- Courgettes (2), navets (2), carottes (3), potiron (300 g) — 1,2 kg au total (légumes)
- Smen ou beurre salé — 1 c. à soupe (signature)
- Huile d'olive — 4 c. à soupe (graisser la semoule, faire revenir)
- Ras-el-hanout — 2 c. à café (épice principale)
- Curcuma, poivre, sel — au goût (assaisonnement)
- Oignon — 1 gros (base du bouillon)
- Concentré de tomate — 1 c. à soupe (couleur et umami)
Préparation
- Faire revenir l'oignon émincé et la viande dans l'huile d'olive au fond du couscoussier ; ajouter épices et concentré de tomate.
- Couvrir d'eau, ajouter pois chiches, carottes et navets ; laisser mijoter 1 heure.
- Pendant ce temps, humecter la semoule, l'égrener à la main avec un filet d'huile, puis la cuire 20 min à la vapeur au-dessus du bouillon ; répéter deux fois en l'aérant entre chaque passage.
- Ajouter courgettes et potiron au bouillon pour les 20 dernières minutes.
- Dresser la semoule en dôme, creuser le sommet, disposer viande et légumes, arroser de bouillon et couronner d'une noix de smen.
Comment on faisait : La semoule n'était jamais achetée prête : on la roulait à la main à partir de semoule fine et d'eau salée, geste collectif transmis de mère en fille. La triple cuisson vapeur, sans contact direct avec le bouillon, donne le grain léger et séparé qui distingue le vrai couscous.
Le twist contemporain : Servir en portions individuelles dans des petits tajines, couronnées d'une fleur de courgette frite, pour une table contemporaine sans trahir le partage.
Assia Djebar · Charactorium





