Ärtsoppa med fläsk (soupe de pois jaunes au lard)
Une soupe rustique de pois cassés jaunes longuement mijotés avec du lard et de l'oignon, parfumée de marjolaine et de thym. On la sert brûlante, le lard tranché par-dessus, traditionnellement suivie de crêpes.
Une soupe rustique de pois cassés jaunes longuement mijotés avec du lard et de l'oignon, parfumée de marjolaine et de thym. On la sert brûlante, le lard tranché par-dessus, traditionnellement suivie de crêpes.
Le jeudi, vois-tu, on ne discute pas : c'est la soupe de pois. Je l'ai mangée enfant dans la maison étroite de Stockholm, je l'ai retrouvée plus tard dans les gargotes où l'on refait le monde la cuillère à la main. Laisse les pois jaunes tremper toute la nuit, écume sans relâche cette peau qui remonte, et glisse un morceau de lard salé dans le chaudron — c'est lui qui donne l'âme. Une pincée de marjolaine, et tu tiens là un repas d'homme pauvre qui vaut mieux que bien des festins de salon.
- •Pois cassés jaunes — une grande écuelle (base de la soupe)
- •Lard salé (fläsk) — un beau morceau (gras et umami)
- •Oignon — deux (aromate)
- •Marjolaine et thym — au goût (parfum)
- •Sel — selon le lard (assaisonnement)
Ärtsoppa med fläsk (soupe de pois jaunes au lard)
Une soupe rustique de pois cassés jaunes longuement mijotés avec du lard et de l'oignon, parfumée de marjolaine et de thym. On la sert brûlante, le lard tranché par-dessus, traditionnellement suivie de crêpes.
Pourquoi ce plat ? Le jeudi, toute la Suède mange la soupe de pois — coutume héritée des cuisines de garnison et des couvents. Pour un bohème souvent désargenté comme Strindberg, partagé entre Stockholm et ses exils, cette soupe épaisse et bon marché était le plat-socle qui tenait au corps.
Le jeudi, vois-tu, on ne discute pas : c'est la soupe de pois. Je l'ai mangée enfant dans la maison étroite de Stockholm, je l'ai retrouvée plus tard dans les gargotes où l'on refait le monde la cuillère à la main. Laisse les pois jaunes tremper toute la nuit, écume sans relâche cette peau qui remonte, et glisse un morceau de lard salé dans le chaudron — c'est lui qui donne l'âme. Une pincée de marjolaine, et tu tiens là un repas d'homme pauvre qui vaut mieux que bien des festins de salon.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois cassés jaunes — une grande écuelle (base de la soupe)
- Lard salé (fläsk) — un beau morceau (gras et umami)
- Oignon — deux (aromate)
- Marjolaine et thym — au goût (parfum)
- Sel — selon le lard (assaisonnement)
Ingrédients
- Pois cassés jaunes — 400 g (base de la soupe)
- Poitrine de porc salée ou jambonneau — 300 g (gras et umami)
- Oignon — 2, émincés (aromate)
- Marjolaine séchée — 1 c. à café (parfum)
- Thym — 1/2 c. à café (parfum)
- Eau — 1,5 L (liquide)
- Sel et poivre — au goût (assaisonnement)
Préparation
- Faites tremper les pois cassés au moins 8 heures (idéalement toute la nuit), puis égouttez.
- Mettez les pois dans une grande marmite avec l'eau, portez à ébullition et écumez soigneusement la mousse qui remonte.
- Ajoutez l'oignon, la viande salée, la marjolaine et le thym. Laissez mijoter à couvert 1 h 30 à 2 h, jusqu'à ce que les pois se défassent.
- Retirez la viande, tranchez-la et réservez. Salez et poivrez la soupe (attention au sel du porc).
- Servez la soupe bien chaude, avec les tranches de viande à part, et selon la tradition, des crêpes à la confiture en dessert.
Comment on faisait : La soupe de pois du jeudi (ärtsoppa) est attestée depuis des siècles en Suède, popularisée par les cuisines militaires et religieuses où elle précédait le jeûne du vendredi. Les recettiers suédois du XIXe siècle, comme celui de Charles Emil Hagdahl, la codifient avec le lard, l'oignon et les herbes — exactement la version que connaissait Strindberg.
Le twist contemporain : Servez-la en petites tasses avec un trait de moutarde suédoise douce et un brin d'aneth frais — clin d'œil au smörgåsbord moderne.
Sources : Charles Emil Hagdahl, Kokkonsten som vetenskap och konst (1879) · Cajsa Warg, Hjelpreda i Hushållningen för Unga Fruentimber (1755)
August Strindberg · Charactorium