Iyan et ragoût d'egusi (igname pilée, soupe de graines de courge)
Une pâte d'igname blanche, lisse et élastique, que l'on roule en bouchée et que l'on trempe dans une soupe épaisse de graines de courge moulues, mijotée à l'huile de palme avec des feuilles vertes. Le socle est doux et neutre ; la soupe est ronde, grasse et relevée.
Une pâte d'igname blanche, lisse et élastique, que l'on roule en bouchée et que l'on trempe dans une soupe épaisse de graines de courge moulues, mijotée à l'huile de palme avec des feuilles vertes. Le socle est doux et neutre ; la soupe est ronde, grasse et relevée.
Écoute : chez nous, l'igname n'est pas un simple tubercule, c'est une présence. Petit, à Minna, je regardais les femmes lever le pilon dans un rythme qui faisait vibrer la cour, et la pâte devenait blanche comme une page encore vierge. On ne coupe pas l'iyan au couteau — on le pince entre trois doigts, on le creuse, on le plonge dans la soupe verte d'egusi jusqu'à ce qu'il s'imbibe. Mange avec la main droite, lentement : un repas, comme un récit, ne se presse pas. L'huile de palme y met sa couleur de crépuscule, et soudain tu comprends que la route de la faim passe d'abord par une table partagée.
- •Igname blanche — un gros tubercule (socle féculent)
- •Graines de courge (egusi) moulues — deux bonnes poignées (épaississant et corps de la soupe)
- •Huile de palme rouge — quelques louches (matière grasse et couleur)
- •Feuilles vertes amères (ugu / épinard local) — une botte (verdure)
- •Crevettes séchées et poisson fumé — une poignée (umami fumé)
- •Piment frais, oignon, sel, crevette fermentée (iru/ogiri) — au goût (assaisonnement)
Iyan et ragoût d'egusi (igname pilée, soupe de graines de courge)
Une pâte d'igname blanche, lisse et élastique, que l'on roule en bouchée et que l'on trempe dans une soupe épaisse de graines de courge moulues, mijotée à l'huile de palme avec des feuilles vertes. Le socle est doux et neutre ; la soupe est ronde, grasse et relevée.
Pourquoi ce plat ? Okri dit volontiers que sa nourriture mêle « les saveurs de l'Afrique de l'Ouest, comme les plats à base d'igname ». L'iyan, l'igname pilée à la masse, est LE plat-socle de l'enfance nigériane à Minna et Lagos : le geste répétitif du pilon, le bol partagé, la soupe verte d'egusi. C'est la table ordinaire du quotidien, celle qui nourrit avant les Booker Prize.
Écoute : chez nous, l'igname n'est pas un simple tubercule, c'est une présence. Petit, à Minna, je regardais les femmes lever le pilon dans un rythme qui faisait vibrer la cour, et la pâte devenait blanche comme une page encore vierge. On ne coupe pas l'iyan au couteau — on le pince entre trois doigts, on le creuse, on le plonge dans la soupe verte d'egusi jusqu'à ce qu'il s'imbibe. Mange avec la main droite, lentement : un repas, comme un récit, ne se presse pas. L'huile de palme y met sa couleur de crépuscule, et soudain tu comprends que la route de la faim passe d'abord par une table partagée.
Ingrédients (version d’époque)
- Igname blanche — un gros tubercule (socle féculent)
- Graines de courge (egusi) moulues — deux bonnes poignées (épaississant et corps de la soupe)
- Huile de palme rouge — quelques louches (matière grasse et couleur)
- Feuilles vertes amères (ugu / épinard local) — une botte (verdure)
- Crevettes séchées et poisson fumé — une poignée (umami fumé)
- Piment frais, oignon, sel, crevette fermentée (iru/ogiri) — au goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Igname blanche (ou à défaut farine d'igname instantanée 'poundo') — 800 g (socle)
- Graines d'egusi moulues (épicerie africaine) — 200 g (épaississant)
- Huile de palme rouge — 60 ml (matière grasse et couleur)
- Épinards ou feuilles d'ugu — 200 g (verdure)
- Crevettes séchées moulues — 2 c. à soupe (umami)
- Poisson fumé émietté — 150 g (umami fumé)
- Oignon, 1 piment scotch bonnet, 1 cube de bouillon, sel — au goût (assaisonnement)
Préparation
- Épluchez l'igname, coupez-la en gros morceaux et faites-la bouillir 20–25 min jusqu'à ce qu'elle soit très tendre.
- Pour le socle traditionnel : pilez l'igname chaude au mortier jusqu'à obtenir une pâte lisse et élastique (ou écrasez très finement, ou utilisez la farine 'poundo' selon le paquet).
- Pour la soupe : faites chauffer l'huile de palme, faites-y revenir l'oignon, ajoutez les crevettes séchées, le poisson fumé et un peu d'eau.
- Mélangez l'egusi moulu avec un peu d'eau en pâte, déposez-le par cuillerées dans la sauce et laissez prendre sans trop remuer 10 min (l'egusi doit former des grumeaux moelleux).
- Ajoutez le piment, le bouillon, salez, puis incorporez les feuilles vertes ; laissez mijoter 5 min.
- Servez le socle d'iyan à côté de la soupe d'egusi, et mangez en pinçant des bouchées du socle pour les tremper.
Comment on faisait : À l'époque, pas de farine instantanée : on pilait l'igname bouillie à deux, dans un grand mortier de bois, geste rythmé qui pouvait durer un quart d'heure. L'egusi (graines d'une courge cultivée pour ses pépins, pas sa chair) était séché, décortiqué et moulu à la pierre. La crevette fermentée (iru, ogiri) apportait la profondeur umami avant l'arrivée des cubes de bouillon industriels.
Le twist contemporain : Servez la soupe d'egusi dans un petit bol fumant et le socle d'igname façonné en quenelle nette : un clin d'œil 'gastro' à un plat de tous les jours.
Ben Okri · Charactorium