Iyan ati obe egusi — igname pilée et soupe à l'egusi
Une boulette d'igname blanche pilée jusqu'à devenir lisse et élastique, qu'on trempe dans une soupe épaisse de graines d'egusi liées à l'huile de palme rouge, relevée de poisson fumé et de légumes-feuilles. Le plat de tous les jours, nourrissant et profond.
Une boulette d'igname blanche pilée jusqu'à devenir lisse et élastique, qu'on trempe dans une soupe épaisse de graines d'egusi liées à l'huile de palme rouge, relevée de poisson fumé et de légumes-feuilles. Le plat de tous les jours, nourrissant et profond.
Approche-toi, mon enfant, et regarde comme cette igname devient soyeuse sous le pilon — il faut deux bras et un cœur patient pour qu'aucun grumeau ne demeure. Chez nous, à Abeokuta, on ne mange pas l'iyan avec une fourchette : la main droite seule connaît la juste manière de cueillir l'egusi. J'ai servi cette soupe à des femmes du marché venues parler de l'impôt qu'on nous réclamait sans nous donner voix, et je te le dis : on pense mieux le ventre rempli d'une bonne soupe. Ne lésine jamais sur l'huile rouge ni sur le poisson fumé, sinon tu n'auras qu'une eau triste.
- •Igname blanche (igname d'Afrique) — un gros tubercule pour deux (le swallow, pilé au mortier)
- •Graines d'egusi broyées — deux bonnes poignées (épaississant umami de la soupe)
- •Huile de palme rouge (epo pupa) — une louche (corps gras et couleur)
- •Poisson fumé et poisson séché — à volonté (fond salé-umami)
- •Feuilles vertes (ugu / amarante) — une botte (légume)
- •Piment frais, oignon, crevettes séchées (ou crabe) — au goût (assaisonnement)
Iyan ati obe egusi — igname pilée et soupe à l'egusi
Une boulette d'igname blanche pilée jusqu'à devenir lisse et élastique, qu'on trempe dans une soupe épaisse de graines d'egusi liées à l'huile de palme rouge, relevée de poisson fumé et de légumes-feuilles. Le plat de tous les jours, nourrissant et profond.
Pourquoi ce plat ? L'iyan accompagné d'une soupe egusi était l'ordinaire des familles yoruba d'Abeokuta, et la fiche de Funmilayo le mentionne explicitement comme nourriture quotidienne de sa maisonnée. C'est autour de ce plat partagé à la main que se nouaient, chez les Ransome-Kuti, les discussions sur l'impôt colonial et les droits des femmes.
Approche-toi, mon enfant, et regarde comme cette igname devient soyeuse sous le pilon — il faut deux bras et un cœur patient pour qu'aucun grumeau ne demeure. Chez nous, à Abeokuta, on ne mange pas l'iyan avec une fourchette : la main droite seule connaît la juste manière de cueillir l'egusi. J'ai servi cette soupe à des femmes du marché venues parler de l'impôt qu'on nous réclamait sans nous donner voix, et je te le dis : on pense mieux le ventre rempli d'une bonne soupe. Ne lésine jamais sur l'huile rouge ni sur le poisson fumé, sinon tu n'auras qu'une eau triste.
Ingrédients (version d’époque)
- Igname blanche (igname d'Afrique) — un gros tubercule pour deux (le swallow, pilé au mortier)
- Graines d'egusi broyées — deux bonnes poignées (épaississant umami de la soupe)
- Huile de palme rouge (epo pupa) — une louche (corps gras et couleur)
- Poisson fumé et poisson séché — à volonté (fond salé-umami)
- Feuilles vertes (ugu / amarante) — une botte (légume)
- Piment frais, oignon, crevettes séchées (ou crabe) — au goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Igname (au marché africain) ou à défaut pommes de terre + manioc pour une eba — 800 g
- Graines d'egusi moulues — 200 g (épaississant)
- Huile de palme rouge — 6 c. à soupe (couleur et gras)
- Poisson fumé (maquereau) + crevettes séchées — 150 g + 2 c. à soupe (umami)
- Épinards ou feuilles d'ugu — 200 g (légume)
- Oignon, 1 piment scotch bonnet, bouillon — 1 + 1 + 500 ml (base aromatique)
Préparation
- Éplucher l'igname, la couper en gros morceaux et la cuire à l'eau jusqu'à tendreté.
- La piler au mortier (ou la travailler chaude au robot avec un peu d'eau de cuisson) jusqu'à une pâte lisse et élastique ; former des boulettes.
- Chauffer l'huile de palme, y faire suer oignon et piment, ajouter crevettes séchées et poisson fumé émietté.
- Mélanger l'egusi moulu avec un peu de bouillon en pâte, l'ajouter par cuillerées et laisser cuire jusqu'à ce que la graine « grumelle » et que l'huile remonte.
- Allonger de bouillon, mijoter 15 min, ajouter les feuilles en fin de cuisson, rectifier le sel.
- Servir la soupe à côté des boulettes d'igname ; manger à la main droite.
Comment on faisait : L'igname était pilée chaque jour au grand mortier en bois (odo) et au pilon, tâche rythmée et bruyante des cours yoruba. L'egusi se broyait sur une pierre plate. Faute de cube de bouillon industriel, l'umami venait des crevettes et poissons séchés, de l'iru (graines de néré fermentées) et des écrevisses.
Le twist contemporain : Servir la boulette d'iyan façon quenelle lissée à la cuillère mouillée, soupe egusi nappée autour et huile rouge en filet brillant sur le dessus.
Funmilayo Ransome-Kuti · Charactorium