La carte de Bernardo O'Higgins
Pan de campo — le pain du quotidien au foyer et au rancho

Tortilla de rescoldo (galette cuite sous la cendre)

QuotidienDocumentée🧂facile1 h

Une galette ronde et dorée, à la croûte craquelée par la cendre et à la mie dense et beurrée. On la rompt à la main, encore tiède, pour la tremper dans un bouillon ou la garnir d'un peu de fromage de campagne.

Pan de campo — le pain du quotidien au foyer et au rancho

Une galette ronde et dorée, à la croûte craquelée par la cendre et à la mie dense et beurrée. On la rompt à la main, encore tiède, pour la tremper dans un bouillon ou la garnir d'un peu de fromage de campagne.

Souviens-toi, ami lecteur, que je suis né à Chillán et que le campo fut mon premier maître. À Las Canteras, nos gens enfouissaient la pâte dans le rescoldo, la cendre encore vive du foyer, et la galette en ressortait dorée, marquée du feu. En campagne, avant Chacabuco, c'était là tout le pain du soldat de la patrie : on la rompait à mains nues et l'on remerciait le ciel. Brosse bien la cendre, romps-la chaude — un pain simple vaut mieux qu'un festin mal gagné.
Bernardo O'Higgins
Ingrédients
  • Farine de bléune bonne mesure (base de la galette)
  • Graisse de bœuf (grasa) ou saindouxune cuillerée généreuse (moelleux et tenue)
  • Eau tièdece qu'il faut (lier la pâte)
  • Selune pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : Le rescoldo désigne la braise mêlée de cendre du foyer rural chilien. On enterrait littéralement la galette dans cette cendre chaude, sans moule ni four : la croûte se couvrait de cendre qu'on brossait avant de manger. C'était le pain le plus économique du campo, attesté de longue date dans la cuisine criolla.
Sources : Eugenio Pereira Salas, Apuntes para la historia de la cocina chilena, 1943 · Oreste Plath, Folklore chileno