Galette de millet et sésame du pèlerin
Une galette compacte de millet et de blé grillés, liée par du sésame écrasé, à peine salée par du soja fermenté. Sèche, nourrissante, faite pour tenir des jours dans la besace du moine sur les routes.
Une galette compacte de millet et de blé grillés, liée par du sésame écrasé, à peine salée par du soja fermenté. Sèche, nourrissante, faite pour tenir des jours dans la besace du moine sur les routes.
J'ai marché de la mer chaude du Sud jusqu'aux montagnes gelées du Nord, et la route ne sert pas de repas. Alors je grille mon grain, je l'écrase avec le sésame, et je le porte serré dans mon manteau. Quand la faim vient sur le chemin, je romps un morceau et je continue. Le moine ne s'arrête pas pour le ventre ; le ventre apprend à suivre le moine.
- •Millet et blé grillés — moitié-moitié (céréale dense de voyage)
- •Graines de sésame — une bonne part (liant gras, énergie, umami grillé)
- •Fèves de soja fermentées (douchi) écrasées — un peu (sel, goût)
- •Eau ou miel — juste pour lier (cohésion de la galette)
Galette de millet et sésame du pèlerin
Une galette compacte de millet et de blé grillés, liée par du sésame écrasé, à peine salée par du soja fermenté. Sèche, nourrissante, faite pour tenir des jours dans la besace du moine sur les routes.
Pourquoi ce plat ? Bodhidharma fut un immense voyageur : de Kanchipuram en Inde du Sud jusqu'à Canton par la mer, puis vers le nord à travers la Chine. Un moine en marche avait besoin d'un vivre sec, dense et durable, qui se garde dans la besace et se mange sans cuisson. Cette galette de grains grillés et de sésame incarne sa vie d'errance entre les royaumes.
J'ai marché de la mer chaude du Sud jusqu'aux montagnes gelées du Nord, et la route ne sert pas de repas. Alors je grille mon grain, je l'écrase avec le sésame, et je le porte serré dans mon manteau. Quand la faim vient sur le chemin, je romps un morceau et je continue. Le moine ne s'arrête pas pour le ventre ; le ventre apprend à suivre le moine.
Ingrédients (version d’époque)
- Millet et blé grillés — moitié-moitié (céréale dense de voyage)
- Graines de sésame — une bonne part (liant gras, énergie, umami grillé)
- Fèves de soja fermentées (douchi) écrasées — un peu (sel, goût)
- Eau ou miel — juste pour lier (cohésion de la galette)
Ingrédients
- Farine de millet — 100 g (base)
- Farine de blé complet — 100 g (liant, structure)
- Graines de sésame — 60 g (gras, goût torréfié)
- Pâte de soja fermenté (ou douchi écrasé) — 1 c. à c. (umami salé)
- Miel — 1 c. à s. (liant et énergie)
- Eau — 60 à 80 ml (à ajuster pour lier)
Préparation
- Torréfier les deux farines à sec dans une poêle, à feu moyen, en remuant, jusqu'à parfum de noisette (3 à 4 min).
- Torréfier de même les graines de sésame jusqu'à ce qu'elles dorent et sautillent, puis les écraser grossièrement au mortier.
- Délayer la pâte de soja et le miel dans l'eau tiède.
- Mélanger farines, sésame et liquide jusqu'à une pâte ferme mais malléable (ajuster l'eau).
- Former des galettes plates et compactes, les cuire 4 à 5 min de chaque côté dans une poêle sèche jusqu'à coloration.
- Laisser refroidir complètement : elles se gardent plusieurs jours, enveloppées dans un linge.
Comment on faisait : Les vivres de route séchés (gānliáng) — grains grillés, galettes denses, farines torréfiées à délayer — accompagnaient pèlerins, soldats et marchands sur les longues distances de l'Asie ancienne, justement parce qu'ils ne pourrissaient pas et se mangeaient froids. Le sésame, cultivé en Chine depuis longtemps, apportait gras et calories ; le soja fermenté, le sel introuvable en chemin.
Le twist contemporain : Découpée en bâtonnets et nouée dans un carré de tissu écru comme un baluchon : la « barre énergétique » du moine errant, version Ve siècle.
Bodhidharma · Charactorium