Sekihan, le riz rouge des grands jours
Un riz gluant cuit à la vapeur avec des haricots azuki, qui teignent les grains d'un rose soutenu. Une douceur discrète, une pointe de sel, et le fameux gomashio (sésame torréfié et sel) saupoudré dessus pour fêter l'événement.
Un riz gluant cuit à la vapeur avec des haricots azuki, qui teignent les grains d'un rose soutenu. Une douceur discrète, une pointe de sel, et le fameux gomashio (sésame torréfié et sel) saupoudré dessus pour fêter l'événement.
Le rouge, on le tient pour faste — il chasse le mauvais sort, dit-on chez nous. Le jour de mon diplôme, ma famille a fait du sekihan, et je dois t'avouer qu'en regardant l'eau de cuisson des azuki rosir le riz, je n'ai pu m'empêcher d'y voir une teinture : un pigment qui passe du grain à l'eau, puis de l'eau au grain. Toute ma vie j'ai poursuivi les couleurs des plantes — il était juste que la couleur fête, ce soir-là, ce qu'elle m'avait promis.
- •Riz gluant (mochigome) — plusieurs gō (base)
- •Haricots azuki — une poignée (couleur et goût)
- •Graines de sésame noir — un peu (gomashio)
- •Sel — une pincée (gomashio et eau de cuisson)
Sekihan, le riz rouge des grands jours
Un riz gluant cuit à la vapeur avec des haricots azuki, qui teignent les grains d'un rose soutenu. Une douceur discrète, une pointe de sel, et le fameux gomashio (sésame torréfié et sel) saupoudré dessus pour fêter l'événement.
Pourquoi ce plat ? Chika Kuroda fut l'une des toutes premières Japonaises diplômées en sciences puis docteure en chimie. Or au Japon, on cuisine le sekihan pour célébrer précisément ces seuils : réussite à un examen, remise de diplôme, promotion. Difficile d'imaginer foyer plus légitime pour ce riz rouge le jour où elle reçut son titre.
Le rouge, on le tient pour faste — il chasse le mauvais sort, dit-on chez nous. Le jour de mon diplôme, ma famille a fait du sekihan, et je dois t'avouer qu'en regardant l'eau de cuisson des azuki rosir le riz, je n'ai pu m'empêcher d'y voir une teinture : un pigment qui passe du grain à l'eau, puis de l'eau au grain. Toute ma vie j'ai poursuivi les couleurs des plantes — il était juste que la couleur fête, ce soir-là, ce qu'elle m'avait promis.
Ingrédients (version d’époque)
- Riz gluant (mochigome) — plusieurs gō (base)
- Haricots azuki — une poignée (couleur et goût)
- Graines de sésame noir — un peu (gomashio)
- Sel — une pincée (gomashio et eau de cuisson)
Ingrédients
- Riz gluant (mochigome) — 300 g (base)
- Haricots azuki secs — 50 g (couleur et goût)
- Eau de cuisson des azuki — réservée (teinter le riz en rose)
- Graines de sésame noir — 1 c. à soupe (gomashio)
- Sel fin — 1 c. à café (gomashio)
Préparation
- Faites bouillir les azuki 3 min, jetez cette première eau, recouvrez d'eau neuve et cuisez 20 min jusqu'à ce qu'ils soient presque tendres ; réservez les haricots ET leur eau de cuisson rouge.
- Faites tremper le riz gluant toute une nuit dans l'eau de cuisson refroidie des azuki : il prend alors une teinte rosée.
- Égouttez le riz (gardez le liquide), mélangez-y les azuki, puis cuisez le tout à la vapeur 30 à 40 min en humectant avec l'eau réservée à mi-cuisson.
- Torréfiez le sésame à sec, écrasez-le grossièrement avec le sel pour faire le gomashio.
- Servez le sekihan tiède dans un bol et saupoudrez de gomashio au moment de manger.
Comment on faisait : Traditionnellement le sekihan se cuit à la vapeur dans un cuit-vapeur en bois (seiro), parfois avec des haricots sasage plutôt que des azuki, ceux-ci ayant tendance à éclater. On l'offrait aux divinités du foyer avant de le partager lors des fêtes saisonnières et des étapes de la vie.
Le twist contemporain : Pressé en petits triangles façon onigiri, le sekihan se glisse dans une boîte de fête ; une feuille de bambou dessous et le rose ressort encore davantage.
Sources : Ishige Naomichi, The History and Culture of Japanese Food (2001) · Elizabeth Andoh, Washoku: Recipes from the Japanese Home Kitchen (2005)
Chika Kuroda · Charactorium