La carte de Akira Kurosawa
Sukiyaki — la marmite festive de l'équipe
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Nabemono (鍋物) — plat de marmite partagé au centre de la table

Sukiyaki — la marmite festive de l'équipe

FestifReconstitution🍯 🧂 🍄moyen50 min
Nabemono (鍋物) — plat de marmite partagé au centre de la table

Sukiyaki — la marmite festive de l'équipe

Pourquoi ce plat ? Plat convivial par excellence du Japon du XXe siècle, le sukiyaki se cuit au milieu de la table et se partage. Kurosawa, qui mangeait avec son équipe pour souder « l'esprit de troupe », aurait trouvé dans cette marmite commune l'exact prolongement à table de sa manière de tourner : tout le monde autour du même feu.

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Nabemono (鍋物) — plat de marmite partagé au centre de la table

De fines tranches de bœuf saisies puis mijotées dans un bouillon sucré-salé (warishita) avec poireau, tofu grillé, champignons et nouilles. Chacun pioche dans la marmite et trempe sa bouchée dans un œuf cru battu. Plat de fête, chaleureux et théâtral.

Quand un film s'achevait bien, je conviais toute la troupe autour de la marmite. Je n'aime pas qu'on s'agite : le sukiyaki réclame de la patience, on saisit le bœuf, on verse le sucre et la sauce de soja, et l'on regarde la viande prendre sa couleur d'ambre. Trempe ta bouchée dans l'œuf battu — ce voile doré adoucit le feu et te brûle moins la langue, c'est un vieux geste que tout Japonais connaît. À table comme sur le plateau, je veux des visages réunis autour d'une même flamme ; c'est là que naît l'esprit d'équipe.
Akira Kurosawa
Ingrédients
  • Bœuf en tranches très finespour la tablée (protéine principale)
  • Sauce de soja, sucre, mirin, sakéà parts pour le warishita (bouillon sucré-salé)
  • Poireau japonais (negi)en biais (légume)
  • Tofu grillé (yaki-dofu)quelques morceaux (garniture)
  • Champignons (shiitaké, enoki)une poignée (garniture umami)
  • Œufs crusun par convive (sauce à tremper)
Comment on faisait : Le sukiyaki naît au XIXe siècle, quand la consommation de viande bovine, longtemps prohibée par le bouddhisme, se réhabilite à l'ère Meiji. Devenu plat de fête au XXe siècle, il se cuit toujours à table dans une lourde poêle en fonte. La trempe dans l'œuf cru est l'usage classique du style Kantō (Tokyo), la région de Kurosawa.

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