retournerSukiyaki — la marmite festive de l'équipe
Sukiyaki — la marmite festive de l'équipe
Pourquoi ce plat ? Plat convivial par excellence du Japon du XXe siècle, le sukiyaki se cuit au milieu de la table et se partage. Kurosawa, qui mangeait avec son équipe pour souder « l'esprit de troupe », aurait trouvé dans cette marmite commune l'exact prolongement à table de sa manière de tourner : tout le monde autour du même feu.
De fines tranches de bœuf saisies puis mijotées dans un bouillon sucré-salé (warishita) avec poireau, tofu grillé, champignons et nouilles. Chacun pioche dans la marmite et trempe sa bouchée dans un œuf cru battu. Plat de fête, chaleureux et théâtral.
Quand un film s'achevait bien, je conviais toute la troupe autour de la marmite. Je n'aime pas qu'on s'agite : le sukiyaki réclame de la patience, on saisit le bœuf, on verse le sucre et la sauce de soja, et l'on regarde la viande prendre sa couleur d'ambre. Trempe ta bouchée dans l'œuf battu — ce voile doré adoucit le feu et te brûle moins la langue, c'est un vieux geste que tout Japonais connaît. À table comme sur le plateau, je veux des visages réunis autour d'une même flamme ; c'est là que naît l'esprit d'équipe.
- •Bœuf en tranches très fines — pour la tablée (protéine principale)
- •Sauce de soja, sucre, mirin, saké — à parts pour le warishita (bouillon sucré-salé)
- •Poireau japonais (negi) — en biais (légume)
- •Tofu grillé (yaki-dofu) — quelques morceaux (garniture)
- •Champignons (shiitaké, enoki) — une poignée (garniture umami)
- •Œufs crus — un par convive (sauce à tremper)
Sukiyaki — la marmite festive de l'équipe
De fines tranches de bœuf saisies puis mijotées dans un bouillon sucré-salé (warishita) avec poireau, tofu grillé, champignons et nouilles. Chacun pioche dans la marmite et trempe sa bouchée dans un œuf cru battu. Plat de fête, chaleureux et théâtral.
Pourquoi ce plat ? Plat convivial par excellence du Japon du XXe siècle, le sukiyaki se cuit au milieu de la table et se partage. Kurosawa, qui mangeait avec son équipe pour souder « l'esprit de troupe », aurait trouvé dans cette marmite commune l'exact prolongement à table de sa manière de tourner : tout le monde autour du même feu.
Quand un film s'achevait bien, je conviais toute la troupe autour de la marmite. Je n'aime pas qu'on s'agite : le sukiyaki réclame de la patience, on saisit le bœuf, on verse le sucre et la sauce de soja, et l'on regarde la viande prendre sa couleur d'ambre. Trempe ta bouchée dans l'œuf battu — ce voile doré adoucit le feu et te brûle moins la langue, c'est un vieux geste que tout Japonais connaît. À table comme sur le plateau, je veux des visages réunis autour d'une même flamme ; c'est là que naît l'esprit d'équipe.
Ingrédients (version d’époque)
- Bœuf en tranches très fines — pour la tablée (protéine principale)
- Sauce de soja, sucre, mirin, saké — à parts pour le warishita (bouillon sucré-salé)
- Poireau japonais (negi) — en biais (légume)
- Tofu grillé (yaki-dofu) — quelques morceaux (garniture)
- Champignons (shiitaké, enoki) — une poignée (garniture umami)
- Œufs crus — un par convive (sauce à tremper)
Ingrédients
- Bœuf à fondue (très finement tranché) — 500 g (protéine)
- Sauce de soja — 80 ml (warishita)
- Sucre — 3 c. à soupe (warishita)
- Mirin — 80 ml (warishita)
- Saké — 60 ml (warishita)
- Poireau — 2, coupés en biais (légume)
- Tofu ferme grillé — 200 g (garniture)
- Shiitakés frais + enoki — 250 g (garniture)
- Chou chinois — 1/4, émincé (légume)
- Nouilles shirataki ou udon — 1 sachet (féculent)
- Œufs extra-frais — 1 par personne (sauce à tremper)
Préparation
- Mélanger sauce de soja, sucre, mirin et saké pour le warishita (bouillon).
- Dans une poêle en fonte chaude posée au centre de la table, saisir quelques tranches de bœuf, saupoudrer d'un peu de sucre et arroser de warishita.
- Ajouter progressivement poireau, tofu grillé, champignons, chou et nouilles ; laisser mijoter doucement en rajoutant du bouillon au fur et à mesure.
- Chacun casse un œuf dans son bol et le bat légèrement.
- Piocher la viande et les légymes dans la marmite, les tremper dans l'œuf battu et déguster brûlant, en cuisant de nouvelles fournées au fil du repas.
Comment on faisait : Le sukiyaki naît au XIXe siècle, quand la consommation de viande bovine, longtemps prohibée par le bouddhisme, se réhabilite à l'ère Meiji. Devenu plat de fête au XXe siècle, il se cuit toujours à table dans une lourde poêle en fonte. La trempe dans l'œuf cru est l'usage classique du style Kantō (Tokyo), la région de Kurosawa.
Le twist contemporain : Baptisez la marmite « la table des Sept Samouraïs » : sept ingrédients différents posés autour du bœuf, chacun pour un guerrier.
Akira Kurosawa · Charactorium





