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Punch brûlant du Lutter & Wegner
Pourquoi ce plat ? Hoffmann passait ses nuits à la cave Lutter & Wegner de Berlin, où il buvait punch sur punch en discutant musique et littérature avec l'acteur Ludwig Devrient. Sa consommation de punch chaud et de vin était légendaire et contribua à ruiner sa santé : c'est presque la boisson qui le résume.
Un breuvage brûlant et parfumé, mêlant rhum, jus de citron, sucre et eau bouillante, relevé d'écorce d'agrume et d'épices douces. On le sert fumant dans un verre, idéal pour les longues soirées d'hiver prussiennes.
Approchez, ami, et ne craignez point le démon qui danse au fond de ce verre — il n'est de spectre plus aimable que celui qui monte d'un punch brûlant ! Voyez : je verse le rhum sur le sucre, j'approche la flamme, et voilà qu'une petite lueur bleue court à la surface comme un esprit follet échappé d'un de mes contes. Un trait de citron pour l'âcreté, l'eau bouillante pour la chaleur, et l'on tient là de quoi faire chanter en soi tout un orchestre invisible. Devrient et moi en vidions des verres jusqu'à ce que les ombres de la cave se missent à converser ; buvez, mais sachez que ce feu-là réchauffe l'âme tout en consumant le corps.
- •Rhum des Antilles — un bon verre (alcool de base, importé par le port)
- •Sucre de canne en pain — à volonté (douceur, caramélise à la flamme)
- •Citrons — le jus de quelques-uns (acidité vive)
- •Écorce de citron — quelques zestes (parfum)
- •Eau bouillante — selon la force voulue (allonge et chauffe)
- •Cannelle et clous de girofle — une pincée (épices chaudes)
Punch brûlant du Lutter & Wegner
Un breuvage brûlant et parfumé, mêlant rhum, jus de citron, sucre et eau bouillante, relevé d'écorce d'agrume et d'épices douces. On le sert fumant dans un verre, idéal pour les longues soirées d'hiver prussiennes.
Pourquoi ce plat ? Hoffmann passait ses nuits à la cave Lutter & Wegner de Berlin, où il buvait punch sur punch en discutant musique et littérature avec l'acteur Ludwig Devrient. Sa consommation de punch chaud et de vin était légendaire et contribua à ruiner sa santé : c'est presque la boisson qui le résume.
Approchez, ami, et ne craignez point le démon qui danse au fond de ce verre — il n'est de spectre plus aimable que celui qui monte d'un punch brûlant ! Voyez : je verse le rhum sur le sucre, j'approche la flamme, et voilà qu'une petite lueur bleue court à la surface comme un esprit follet échappé d'un de mes contes. Un trait de citron pour l'âcreté, l'eau bouillante pour la chaleur, et l'on tient là de quoi faire chanter en soi tout un orchestre invisible. Devrient et moi en vidions des verres jusqu'à ce que les ombres de la cave se missent à converser ; buvez, mais sachez que ce feu-là réchauffe l'âme tout en consumant le corps.
Ingrédients (version d’époque)
- Rhum des Antilles — un bon verre (alcool de base, importé par le port)
- Sucre de canne en pain — à volonté (douceur, caramélise à la flamme)
- Citrons — le jus de quelques-uns (acidité vive)
- Écorce de citron — quelques zestes (parfum)
- Eau bouillante — selon la force voulue (allonge et chauffe)
- Cannelle et clous de girofle — une pincée (épices chaudes)
Ingrédients
- Rhum brun — 200 ml (alcool de base)
- Sucre roux — 4 c. à soupe (douceur)
- Citrons — 2 (jus) + zeste d'1 (acidité et parfum)
- Eau — 500 ml (allonge)
- Bâton de cannelle — 1 (épice)
- Clous de girofle — 3 (épice)
Préparation
- Faire chauffer l'eau avec le zeste de citron, la cannelle et les clous de girofle ; laisser infuser 5 minutes hors du feu.
- Filtrer l'infusion et la reverser dans la casserole avec le sucre, remuer jusqu'à dissolution.
- Ajouter le jus de citron, puis le rhum, et réchauffer sans faire bouillir (l'alcool ne doit pas s'évaporer entièrement).
- Pour l'effet spectaculaire : verser un peu de rhum sur une cuillère de sucre, l'enflammer prudemment au-dessus du verre, puis mélanger. Servir aussitôt, brûlant.
- Adapter l'eau et le sucre selon que l'on veut le punch plus ou moins fort.
Comment on faisait : Le punch (de l'hindi pañc, « cinq », pour ses cinq éléments) gagna l'Allemagne au XVIIIe siècle via les marins et le commerce colonial. Dans les Weinstuben berlinoises, on le préparait à la louche dans de grands bols et on flambait le sucre arrosé de rhum — un rituel social autant qu'une recette.
Le twist contemporain : Servez-le dans un verre épais sur une soucoupe, baptisé « Punch du Kapellmeister Kreisler » d'après le double fantasque de Hoffmann, et glissez un bâton de cannelle en guise de touillette parfumée.
E.T.A. Hoffmann · Charactorium





