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Chapon rôti à la broche, parfumé de truffes
Pourquoi ce plat ? Secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences et hôte recherché des salons du Marais et du faubourg Saint-Germain, Fontenelle fréquentait les meilleures tables de Paris. Le chapon truffé était la pièce d'honneur de ces soupers d'esprit où la conversation comptait autant que le plat.
Un chapon doré à la broche, lardé de truffes glissées sous la peau, dont le parfum embaume toute la salle : le luxe sobre des grandes tables parisiennes des Lumières.
On me reprochait de manger peu ; je répondais qu'il faut savoir réserver son appétit pour ce qui le mérite. Or rien ne le mérite davantage qu'un chapon bien en chair, sous la peau duquel on a glissé, la veille, quelques lames de truffe du Périgord — car la truffe, voyez-vous, demande du temps, comme une bonne pensée, pour parfumer ce qui l'entoure. On le tournait à la broche devant un feu clair, on l'arrosait de sa propre graisse, et l'on attendait. Servez-en peu à chacun, mais que chacun s'en souvienne : un beau souper se juge à la conversation qu'il fait naître.
- •Chapon — un beau (pièce maîtresse)
- •Truffes fraîches — quelques-unes (parfum noble)
- •Lard gras — à barder (moelleux et arrosage)
- •Beurre frais — à discrétion (dorure)
- •Sel et poivre — selon le goût (assaisonnement)
Chapon rôti à la broche, parfumé de truffes
Un chapon doré à la broche, lardé de truffes glissées sous la peau, dont le parfum embaume toute la salle : le luxe sobre des grandes tables parisiennes des Lumières.
Pourquoi ce plat ? Secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences et hôte recherché des salons du Marais et du faubourg Saint-Germain, Fontenelle fréquentait les meilleures tables de Paris. Le chapon truffé était la pièce d'honneur de ces soupers d'esprit où la conversation comptait autant que le plat.
On me reprochait de manger peu ; je répondais qu'il faut savoir réserver son appétit pour ce qui le mérite. Or rien ne le mérite davantage qu'un chapon bien en chair, sous la peau duquel on a glissé, la veille, quelques lames de truffe du Périgord — car la truffe, voyez-vous, demande du temps, comme une bonne pensée, pour parfumer ce qui l'entoure. On le tournait à la broche devant un feu clair, on l'arrosait de sa propre graisse, et l'on attendait. Servez-en peu à chacun, mais que chacun s'en souvienne : un beau souper se juge à la conversation qu'il fait naître.
Ingrédients (version d’époque)
- Chapon — un beau (pièce maîtresse)
- Truffes fraîches — quelques-unes (parfum noble)
- Lard gras — à barder (moelleux et arrosage)
- Beurre frais — à discrétion (dorure)
- Sel et poivre — selon le goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Chapon (ou belle volaille fermière) — 1 (2,5 à 3 kg) (pièce maîtresse)
- Truffe noire (ou brisures + jus de truffe) — 30 g (parfum noble)
- Barde de lard — 2 fines tranches (moelleux)
- Beurre — 60 g (dorure et arrosage)
- Sel et poivre — selon le goût (assaisonnement)
Préparation
- La veille, glissez de fines lames de truffe entre la peau et la chair du chapon, puis enveloppez-le pour qu'il s'imprègne au frais.
- Le jour même, sortez la volaille 1 h avant cuisson. Salez, poivrez, beurrez la peau et bardez le coffre.
- Enfournez à 180 °C (ou rôtissez à la broche) en comptant environ 1 h par kg.
- Arrosez toutes les 20 minutes avec le jus rendu pour une peau dorée et croustillante.
- Retirez la barde en fin de cuisson pour laisser dorer.
- Vérifiez la cuisson (jus clair à la cuisse), laissez reposer 15 minutes sous un linge avant de découper.
Comment on faisait : La cuisson à la broche, devant un feu de bois, était la reine des cuissons festives. On « contisait » les volailles de truffes ou de lard pour les parfumer en profondeur. La truffe, déjà recherchée, signait le raffinement d'une table. Massialot, dans Le Cuisinier roïal et bourgeois (1691), codifie ces apprêts pour les maisons de qualité.
Le twist contemporain : Servez-le sur une planche, entouré de quelques pommes (les fruits, pas les tubercules !) rôties au beurre, et râpez une dernière lame de truffe à table, sous le nez des convives.
Sources : François Massialot, Le Cuisinier roïal et bourgeois, 1691 · François Pierre de La Varenne, Le Cuisinier françois, 1651
Fontenelle · Charactorium





