Rømmegrøt, la bouillie de crème des grands jours
Une bouillie épaisse de crème fermentée et de farine, cuite jusqu'à ce que le beurre s'en sépare en mares dorées ; on la mange saupoudrée de sucre et de cannelle, avec une mare de beurre fondu au centre. L'opulence faite plat, l'inverse exact de la ration.
Une bouillie épaisse de crème fermentée et de farine, cuite jusqu'à ce que le beurre s'en sépare en mares dorées ; on la mange saupoudrée de sucre et de cannelle, avec une mare de beurre fondu au centre. L'opulence faite plat, l'inverse exact de la ration.
Après trois hivers sur la glace, à compter mes calories comme un avare ses pièces, imaginez ce que fut pour moi le retour ! On me servit la rømmegrøt des grands jours — cette bouillie si riche que le beurre y nage en flaques d'or, saupoudrée de sucre et de cannelle. Ce n'est point un mets de marche, croyez-moi : c'est l'opulence du foyer, le contraire même de la banquise. J'en repris, je l'avoue, sans la moindre rigueur scientifique.
- •Crème fermentée épaisse (rømme) — abondante (base grasse)
- •Farine de froment — ce qu'il faut pour épaissir (liaison)
- •Lait entier — pour détendre (texture)
- •Sel — une pincée (équilibre)
- •Sucre et cannelle — pour saupoudrer (finition douce)
Rømmegrøt, la bouillie de crème des grands jours
Une bouillie épaisse de crème fermentée et de farine, cuite jusqu'à ce que le beurre s'en sépare en mares dorées ; on la mange saupoudrée de sucre et de cannelle, avec une mare de beurre fondu au centre. L'opulence faite plat, l'inverse exact de la ration.
Pourquoi ce plat ? La rømmegrøt est LE plat de célébration norvégien — on la sert aux mariages, aux moissons, et pour fêter un retour. Pour un homme parti trois ans sur la banquise et accueilli en héros national en 1896, cette bouillie riche et beurrée incarne le foyer enfin retrouvé après la privation polaire.
Après trois hivers sur la glace, à compter mes calories comme un avare ses pièces, imaginez ce que fut pour moi le retour ! On me servit la rømmegrøt des grands jours — cette bouillie si riche que le beurre y nage en flaques d'or, saupoudrée de sucre et de cannelle. Ce n'est point un mets de marche, croyez-moi : c'est l'opulence du foyer, le contraire même de la banquise. J'en repris, je l'avoue, sans la moindre rigueur scientifique.
Ingrédients (version d’époque)
- Crème fermentée épaisse (rømme) — abondante (base grasse)
- Farine de froment — ce qu'il faut pour épaissir (liaison)
- Lait entier — pour détendre (texture)
- Sel — une pincée (équilibre)
- Sucre et cannelle — pour saupoudrer (finition douce)
Ingrédients
- Crème épaisse entière (35 %) — 500 ml (base)
- Farine de blé — 60 g (liaison)
- Lait entier — 400 ml, chaud (détente)
- Sel — 1 pincée (équilibre)
- Sucre — 2 c. à soupe (finition)
- Cannelle moulue — 1 c. à café (finition)
Préparation
- Faire frémir la crème épaisse 10 min à feu doux.
- Incorporer la farine en pluie tout en fouettant vivement ; continuer à cuire en remuant.
- Le beurre va se séparer et perler à la surface : le prélever à la louche et le réserver (c'est le trésor).
- Détendre la bouillie restante avec le lait chaud peu à peu, jusqu'à une texture lisse et nappante ; saler.
- Servir en bols, creuser un puits, y verser le beurre doré récupéré.
- Saupoudrer généreusement de sucre et de cannelle.
Comment on faisait : La rømmegrøt se faisait à partir de la crème la plus riche, mise à fermenter ; le geste clé, transmis de mère en fille, consistait à pousser la cuisson jusqu'à ce que le beurre se sépare — preuve d'une crème de qualité. On la portait aux accouchées et aux fêtes de ferme.
Le twist contemporain : Servie en verrine avec un coulis de multe (mûre arctique) et un éclat de pain croustillant à la cannelle, pour un dessert nordique chic.
Sources : Hanna Winsnes, Lærebog i de forskjellige Grene af Huusholdningen (1845) · Tradition des høytidsmat norvégiens
Fridtjof Nansen · Charactorium