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Nukazuke — légumes saumurés au son de riz
Pourquoi ce plat ? Dans la vie modeste d'Hokusai, où les repas n'étaient qu'une « nécessité pour continuer à travailler », les légumes marinés étaient la garniture constante du bol de riz : toujours prêts, conservés sans effort dans le lit de son de riz qui vivait dans un coin de la cuisine.
Concombre, daïkon ou navet enfouis quelques heures dans un lit de son de riz fermenté (nukadoko). Ils en ressortent croquants, acidulés, légèrement salés et profondément umami — l'accompagnement vivant qui ne quitte jamais la table d'Edo.
Dans un coin de chaque logis que j'ai habité — et Dieu sait si j'en ai changé — dormait une jarre de son de riz qu'il fallait remuer chaque jour de la main, comme on caresse un animal. On y enfouit le soir un concombre, un navet, et le matin il en sort tout craquant et piquant. Rien ne se perd, tout se garde : un homme pauvre apprend cela avant même de tenir un pinceau. Une bouchée de ce navet, une bouchée de riz, une gorgée de thé — et me voilà rassasié pour dessiner jusqu'au soir.
- •Son de riz (nuka) — de quoi remplir une jarre (milieu de fermentation)
- •Sel — généreusement (conservation et goût)
- •Eau — assez pour une pâte humide (liant)
- •Kombu — un morceau (umami du lit)
- •Légumes de saison (concombre, daïkon, navet) — selon l'appétit (légumes à saumurer)
Nukazuke — légumes saumurés au son de riz
Concombre, daïkon ou navet enfouis quelques heures dans un lit de son de riz fermenté (nukadoko). Ils en ressortent croquants, acidulés, légèrement salés et profondément umami — l'accompagnement vivant qui ne quitte jamais la table d'Edo.
Pourquoi ce plat ? Dans la vie modeste d'Hokusai, où les repas n'étaient qu'une « nécessité pour continuer à travailler », les légumes marinés étaient la garniture constante du bol de riz : toujours prêts, conservés sans effort dans le lit de son de riz qui vivait dans un coin de la cuisine.
Dans un coin de chaque logis que j'ai habité — et Dieu sait si j'en ai changé — dormait une jarre de son de riz qu'il fallait remuer chaque jour de la main, comme on caresse un animal. On y enfouit le soir un concombre, un navet, et le matin il en sort tout craquant et piquant. Rien ne se perd, tout se garde : un homme pauvre apprend cela avant même de tenir un pinceau. Une bouchée de ce navet, une bouchée de riz, une gorgée de thé — et me voilà rassasié pour dessiner jusqu'au soir.
Ingrédients (version d’époque)
- Son de riz (nuka) — de quoi remplir une jarre (milieu de fermentation)
- Sel — généreusement (conservation et goût)
- Eau — assez pour une pâte humide (liant)
- Kombu — un morceau (umami du lit)
- Légumes de saison (concombre, daïkon, navet) — selon l'appétit (légumes à saumurer)
Ingrédients
- Son de riz (nuka) — 1 kg (lit de fermentation (nukadoko))
- Sel — 130 g (saumure)
- Eau — 1 L environ (humidité)
- Kombu — 1 carré (umami)
- Concombre, daïkon ou navet — au choix (légumes)
Préparation
- Préparer le nukadoko : mélanger son de riz, sel et eau jusqu'à une pâte humide comme du sable mouillé, ajouter le kombu.
- « Mûrir » le lit pendant une semaine en y enfouissant des épluchures de légumes que l'on jette et renouvelle chaque jour, en remuant à la main matin et soir.
- Une fois le lit acidulé et parfumé, y enfouir entièrement les légumes lavés (couper le daïkon en gros bâtons).
- Laisser fermenter de quelques heures (concombre) à un ou deux jours (daïkon) selon le goût recherché.
- Sortir les légumes, rincer le son sous l'eau, couper en tranches. Remuer le lit à la main : il se garde et se nourrit indéfiniment.
Comment on faisait : Le nukadoko se transmettait parfois sur plusieurs générations dans une même famille ; il fallait le « tourner » chaque jour à la main pour l'aérer, geste quotidien des cuisines d'Edo. Les ferments lactiques y multipliaient l'acidité et enrichissaient le riz en vitamines — une conservation et un soin nutritionnel sans le savoir.
Le twist contemporain : Dressez trois tranches de couleurs différentes (daïkon blanc, navet, concombre vert) en éventail, comme les bandes de couleur d'une estampe nishiki-e.
Sources : Eric C. Rath, Food and Fantasy in Early Modern Japan, University of California Press, 2010 · Naomichi Ishige, The History and Culture of Japanese Food, Kegan Paul, 2001
Hokusai · Charactorium





