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Tarte aux poires au miel et au gingembre
Pourquoi ce plat ? Même une table aussi sobre que celle de Calvin connaissait de rares jours de réjouissance mesurée — un baptême, un mariage, l'accueil d'un hôte de marque. La tourte de poires au miel, douce mais sans excès, est le genre de mets de fête modeste qu'on pouvait servir à Genève sans tomber dans la débauche des banquets condamnés par les réformés.
Une tourte de poires fondantes parfumées au miel, au gingembre et à la cannelle, dans une pâte dorée — la touche de douceur des grandes occasions, tenue dans la mesure.
Il est des jours où la joie est permise, pourvu qu'elle demeure honnête et mesurée : un mariage, la venue d'un frère de loin. Alors on cuit la tourte de poires, qu'on fait fondre dans le miel avec un peu de gingembre et de cannelle, et qu'on enferme dans une pâte qu'on dore au four. Mais gardez-vous d'en faire un excès, car la fête du chrétien n'est pas celle du ventre. Une part suffit à réjouir le cœur sans alourdir l'âme ; mangez-en avec action de grâces, et non avec avidité.
- •Poires — quatre ou cinq (garniture)
- •Miel — une bonne cuillerée (douceur)
- •Gingembre en poudre — une pincée (épice)
- •Cannelle — une pincée (épice)
- •Pâte (farine, beurre, eau) — de quoi foncer la tourtière (enveloppe)
Tarte aux poires au miel et au gingembre
Une tourte de poires fondantes parfumées au miel, au gingembre et à la cannelle, dans une pâte dorée — la touche de douceur des grandes occasions, tenue dans la mesure.
Pourquoi ce plat ? Même une table aussi sobre que celle de Calvin connaissait de rares jours de réjouissance mesurée — un baptême, un mariage, l'accueil d'un hôte de marque. La tourte de poires au miel, douce mais sans excès, est le genre de mets de fête modeste qu'on pouvait servir à Genève sans tomber dans la débauche des banquets condamnés par les réformés.
Il est des jours où la joie est permise, pourvu qu'elle demeure honnête et mesurée : un mariage, la venue d'un frère de loin. Alors on cuit la tourte de poires, qu'on fait fondre dans le miel avec un peu de gingembre et de cannelle, et qu'on enferme dans une pâte qu'on dore au four. Mais gardez-vous d'en faire un excès, car la fête du chrétien n'est pas celle du ventre. Une part suffit à réjouir le cœur sans alourdir l'âme ; mangez-en avec action de grâces, et non avec avidité.
Ingrédients (version d’époque)
- Poires — quatre ou cinq (garniture)
- Miel — une bonne cuillerée (douceur)
- Gingembre en poudre — une pincée (épice)
- Cannelle — une pincée (épice)
- Pâte (farine, beurre, eau) — de quoi foncer la tourtière (enveloppe)
Ingrédients
- Poires fermes (Conférence ou Williams) — 5 (garniture)
- Miel — 3 c. à soupe (douceur)
- Gingembre en poudre — 1/2 c. à café (épice)
- Cannelle — 1/2 c. à café (épice)
- Pâte brisée (250 g farine, 125 g beurre, eau, 1 pincée de sel) — 1 fond + 1 couvercle (enveloppe)
- Jaune d'œuf — 1 (dorure)
Préparation
- Préparez (ou sortez) la pâte brisée et laissez-la reposer au frais 30 min.
- Épluchez et coupez les poires en quartiers ; faites-les revenir 10 min à feu doux avec le miel, le gingembre et la cannelle jusqu'à ce qu'elles soient fondantes et le jus sirupeux.
- Foncez une tourtière avec la moitié de la pâte, garnissez des poires égouttées, couvrez avec le reste de pâte et soudez les bords.
- Dorez au jaune d'œuf, percez une cheminée et enfournez 35 min à 180 °C jusqu'à belle couleur.
- Laissez tiédir avant de servir : la tourte se déguste légèrement chaude.
Comment on faisait : Les tourtes de fruits au miel et aux épices douces (gingembre, cannelle, parfois safran) étaient des mets de fête répandus dans la cuisine européenne de la Renaissance. Le sucre raffiné existait mais restait coûteux ; le miel demeurait l'édulcorant du plus grand nombre.
Le twist contemporain : Servie tiède avec un nuage de crème fouettée à peine sucrée et un voile de gingembre frais râpé, elle passerait sans rougir sur une table de fête contemporaine.
Jean Calvin · Charactorium





