La carte de Jean Sibelius
Rapujuhlat (festin saisonnier d'écrevisses, fin août)

Rapujuhlat — le festin d'écrevisses d'août

FestifDocumentée🧂 🍄 🍋moyen40 min (+ refroidissement)

Petites écrevisses d'eau douce bouillies vivantes dans une eau salée gorgée de couronnes d'aneth fleuri, refroidies dans leur bouillon puis dévorées froides à la main, avec du pain grillé, du beurre et un petit verre d'alcool — entre chaque chanson à boire.

Rapujuhlat (festin saisonnier d'écrevisses, fin août)

Petites écrevisses d'eau douce bouillies vivantes dans une eau salée gorgée de couronnes d'aneth fleuri, refroidies dans leur bouillon puis dévorées froides à la main, avec du pain grillé, du beurre et un petit verre d'alcool — entre chaque chanson à boire.

Voyez-vous, l'on n'attend point la saison des écrevisses, on la guette comme l'éclosion d'un thème ! Dès que les nuits d'août fraîchissent, on les jette vivantes dans l'eau bouillante où nage l'aneth en fleur, et l'on patiente — la patience, croyez-moi, est le seul assaisonnement qui ne se vend pas. On les mange froides, les doigts gras, le pain grillé sous le beurre, et entre chaque carapace rompue, un petit verre et une chanson. J'aurais ruiné dix ménages pour ces soirées-là, et je ne regrette pas un seul kopeck.
Jean Sibelius
Ingrédients
  • Écrevisses d'eau douce vivantesune grande bassine (produit-vedette)
  • Aneth en couronnes fleuriesune grosse poignée (aromate signature)
  • Gros selgénéreusement (assaisonnement du bouillon)
  • Sucreune pincée (équilibre)
  • Pain de seigle ou pain blanc grilléà volonté (accompagnement)
  • Beurreà volonté (accompagnement)
Comment on faisait : Les rapujuhlat sont une institution nordique du tournant du XXe siècle, prisée de la bourgeoisie suédophone de Finlande dont Sibelius était issu. On cuisait les écrevisses dans une saumure abondante en aneth, on les mangeait froides à la main, et chaque convive vidait un verre d'akvavit rythmé par les chansons à boire (snapsvisor). Décortiquer une écrevisse était presque un art de table.