La carte de John von Neumann
Leves — la soupe-socle qui ouvre le repas

Gulyásleves (soupe-goulasch des bouviers)

QuotidienDocumentée🧂 🌶️ 🍄moyen2 h 30

Une soupe épaisse de bœuf mijoté longuement avec oignons, paprika et pomme de terre. Ni tout à fait soupe ni ragoût : on la mange à la cuillère, riche et parfumée, comme un repas complet.

Leves — la soupe-socle qui ouvre le repas

Une soupe épaisse de bœuf mijoté longuement avec oignons, paprika et pomme de terre. Ni tout à fait soupe ni ragoût : on la mange à la cuillère, riche et parfumée, comme un repas complet.

Tu vois, en bon Hongrois je peux discuter des heures d'automates et de bombes, mais montre-moi un bol de gulyás fumant et je redeviens le petit Jancsi de Budapest. Le secret, ma grand-mère me le martelait : on retire la marmite du feu avant d'y jeter le paprika, sinon il amertumise et tout est gâché — une règle aussi stricte qu'un axiome. Et surtout, pas de hâte : la viande doit fondre tout doucement, comme un théorème qu'on laisse mûrir. À Princeton, quand je recevais, j'aimais surprendre mes collègues américains avec ce rouge éclatant ; ils croyaient à un piment violent et découvraient une douceur veloutée.
John von Neumann
Ingrédients
  • Bœuf à braiser (jarret, paleron)une belle pièce (base mijotée)
  • Oignonsen quantité égale à la viande (fond fondant)
  • Paprika doux de Szegedgénéreusement (couleur et parfum)
  • Pommes de terrequelques-unes (épaississant)
  • Carottes et racine de persilà volonté (douceur)
  • Carvi, ail, saindouxselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Le gulyás vient des bouviers (gulyás = gardien de bœufs) de la grande plaine hongroise, qui le cuisaient dans un chaudron (bogrács) suspendu au-dessus du feu. À l'époque de von Neumann, c'était devenu le plat emblématique de toute la Hongrie, des auberges de campagne aux tables bourgeoises de Budapest.
Sources : George Lang, The Cuisine of Hungary, 1971 · Tradition culinaire hongroise documentée (gulyásleves)

Voir aussi