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Chocolat à l'espagnole, mousseux au moussoir
Pourquoi ce plat ? Le chocolat fait son entrée à la cour sous Louis XIV, nouveauté coûteuse et fort discutée des médecins — ceux-là mêmes que Molière criblait de flèches dans ses comédies. Boisson à la mode dans les maisons bourgeoises de son temps, elle accompagne bien le personnage moqueur des modes nouvelles.
Une boisson chaude, épaisse et mousseuse, de cacao broyé fouetté au moussoir avec sucre et cannelle. Le luxe exotique qui agitait les salons et les facultés de médecine du Grand Siècle.
Ah, le chocolat ! Voilà bien une mode dont mes Diafoirus débattraient trois actes durant : échauffe-t-il ou rafraîchit-il l'humeur ? On fait fondre la pâte de cacao dans l'eau chaude, on y jette sucre et un soupçon de cannelle, puis on bat le tout au moussoir entre les paumes jusqu'à lever une mousse brune fort plaisante. J'en prends une tasse, je laisse les docteurs à leurs grands mots, et je vous assure que cela vaut mieux qu'une saignée.
- •Pâte de cacao (chocolat des Indes) — un morceau (base, nouveauté du siècle)
- •Sucre — à discrétion (adoucit l'amertume)
- •Cannelle — un soupçon (épice à l'espagnole)
- •Eau — une tasse (liquide (on n'usait guère de lait))
Chocolat à l'espagnole, mousseux au moussoir
Une boisson chaude, épaisse et mousseuse, de cacao broyé fouetté au moussoir avec sucre et cannelle. Le luxe exotique qui agitait les salons et les facultés de médecine du Grand Siècle.
Pourquoi ce plat ? Le chocolat fait son entrée à la cour sous Louis XIV, nouveauté coûteuse et fort discutée des médecins — ceux-là mêmes que Molière criblait de flèches dans ses comédies. Boisson à la mode dans les maisons bourgeoises de son temps, elle accompagne bien le personnage moqueur des modes nouvelles.
Ah, le chocolat ! Voilà bien une mode dont mes Diafoirus débattraient trois actes durant : échauffe-t-il ou rafraîchit-il l'humeur ? On fait fondre la pâte de cacao dans l'eau chaude, on y jette sucre et un soupçon de cannelle, puis on bat le tout au moussoir entre les paumes jusqu'à lever une mousse brune fort plaisante. J'en prends une tasse, je laisse les docteurs à leurs grands mots, et je vous assure que cela vaut mieux qu'une saignée.
Ingrédients (version d’époque)
- Pâte de cacao (chocolat des Indes) — un morceau (base, nouveauté du siècle)
- Sucre — à discrétion (adoucit l'amertume)
- Cannelle — un soupçon (épice à l'espagnole)
- Eau — une tasse (liquide (on n'usait guère de lait))
Ingrédients
- Chocolat noir 90 % (proche de la pâte de cacao) — 40 g (base)
- Sucre de canne — 2 c. à café (selon goût) (adoucit)
- Cannelle en poudre — 1 pincée (épice)
- Eau chaude — 25 cl (liquide)
Préparation
- Faire chauffer l'eau sans bouillir, y faire fondre le chocolat en remuant.
- Ajouter le sucre et la cannelle, mélanger jusqu'à dissolution.
- Fouetter vivement (fouet ou mousseur) pour faire monter une mousse épaisse.
- Verser brûlant dans de petites tasses et servir aussitôt, avant que la mousse ne retombe.
Comment on faisait : On préparait alors le chocolat à l'eau, fouetté au « molinillo » (moussoir) hérité des Espagnols, et fortement épicé à la cannelle ou à la vanille — restée rare. Sa consommation fut âprement débattue par les médecins quant à ses vertus et ses dangers, sujet tout indiqué pour la satire de Molière contre la médecine.
Le twist contemporain : Servez-le en tout petits gobelets « format entracte » avec un bâton de cannelle en touillette, pour une pause entre deux actes.
Molière · Charactorium





