Confiture de coings
Une confiture épaisse et parfumée de coings, fruit d'automne riche en pectine, qui se prend en pâte rubis ou en gelée translucide et se garde tout l'hiver.
Une confiture épaisse et parfumée de coings, fruit d'automne riche en pectine, qui se prend en pâte rubis ou en gelée translucide et se garde tout l'hiver.
Une maison sage ne laisse rien perdre des dons de la saison. Quand venaient les coings, durs et parfumés, je les faisais cuire longuement avec le sucre jusqu'à ce qu'ils prennent cette belle couleur de rubis. On en garnit ses pots, on les coiffe d'un papier, et tout l'hiver durant on a sous la main de quoi adoucir un repas maigre ou réconforter un ami. Prévoir, mes amis, c'est déjà être libre.
- •Coings mûrs — autant qu'on en a (fruit, pectine)
- •Sucre — à poids égal des fruits (conservation et douceur)
- •Eau — pour la première cuisson (attendrir les fruits)
Confiture de coings
Une confiture épaisse et parfumée de coings, fruit d'automne riche en pectine, qui se prend en pâte rubis ou en gelée translucide et se garde tout l'hiver.
Pourquoi ce plat ? Conserver les fruits de l'automne au sucre était l'art ménager qui permettait de tenir l'hiver et les temps incertains. Pour une femme prévoyante traversant la Révolution et ses pénuries, une réserve de confiture, c'est de l'indépendance en pot.
Une maison sage ne laisse rien perdre des dons de la saison. Quand venaient les coings, durs et parfumés, je les faisais cuire longuement avec le sucre jusqu'à ce qu'ils prennent cette belle couleur de rubis. On en garnit ses pots, on les coiffe d'un papier, et tout l'hiver durant on a sous la main de quoi adoucir un repas maigre ou réconforter un ami. Prévoir, mes amis, c'est déjà être libre.
Ingrédients (version d’époque)
- Coings mûrs — autant qu'on en a (fruit, pectine)
- Sucre — à poids égal des fruits (conservation et douceur)
- Eau — pour la première cuisson (attendrir les fruits)
Ingrédients
- Coings — 1 kg (épluchés, épépinés) (fruit, pectine)
- Sucre — 800 g (conservation et douceur)
- Eau — 30 cl (première cuisson)
- Jus de citron ou verjus — 1 c. à soupe (acidité, fixe la couleur)
Préparation
- Épluchez les coings, retirez le cœur (gardez pépins et peaux dans un nouet : ils sont riches en pectine), coupez la chair en morceaux.
- Faites cuire la chair dans l'eau avec le nouet 20 min jusqu'à ce qu'elle s'attendrisse.
- Retirez le nouet, ajoutez le sucre et l'acidité, portez à ébullition.
- Laissez cuire 30 à 40 min en remuant, jusqu'à ce que la confiture nappe et prenne une teinte ambrée à rubis.
- Vérifiez la prise (une goutte fige sur une assiette froide).
- Mettez en pots ébouillantés, fermez aussitôt et retournez les pots le temps qu'ils refroidissent.
Comment on faisait : Le coing, très riche en pectine, est le fruit à confiture par excellence depuis le Moyen Âge ; le mot « marmelade » vient d'ailleurs du portugais marmelo, coing. Avant le sucre bon marché, on confisait au miel ; au XVIIIe siècle le sucre de canne (puis, plus tard, de betterave) rend les confitures plus accessibles. On les conservait sous papier huilé dans des pots de grès.
Le twist contemporain : Coulez une partie de la préparation dans un moule plat pour obtenir une « pâte de coing » à découper en cubes roulés dans le sucre, servie avec un fromage.
Sources : Menon, La Cuisinière bourgeoise, 1746
Olympe de Gouges · Charactorium
