La carte de Philippe Pétain
Plat unique de popote (la marmite de campagne)

Le rata du poilu

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile2 h 30

Un ragoût rustique de bœuf et de légumes-racines, mijoté longuement jusqu'à ce que la viande s'effiloche et que la sauce nappe les pommes de terre. Le plat-socle de la troupe : nourrissant, simple, économe.

Plat unique de popote (la marmite de campagne)

Un ragoût rustique de bœuf et de légumes-racines, mijoté longuement jusqu'à ce que la viande s'effiloche et que la sauce nappe les pommes de terre. Le plat-socle de la troupe : nourrissant, simple, économe.

Voyez ce plat, c'est l'ordinaire du soldat, et je ne l'ai jamais méprisé. À Verdun, j'ai fait monter par la Voie sacrée de quoi remplir chaque bouteillon, car une troupe qui mange est une troupe qui tient. On jetait dans la marmite ce que la terre donnait — la viande, l'oignon, la pomme de terre, la carotte — et on laissait mijoter des heures sans façon. Méfiez-vous du superflu : un bon rata bien chaud vaut mieux que toutes les sauces des grandes maisons. La sobriété, jeune homme, c'est déjà une discipline.
Philippe Pétain
Ingrédients
  • Bœuf de l'intendance (paleron, gîte)un bon morceau (base protéique)
  • Pommes de terreà volonté (féculent qui tient au corps)
  • Carottes et navetsune brassée (légumes-racines)
  • Oignonsquelques-uns (fond aromatique)
  • Saindoux ou suifune cuillerée (matière grasse de cuisson)
  • Sel, poivre, thym, laurierselon (assaisonnement)
Comment on faisait : Dans les tranchées, le rata était préparé en arrière par les cuisiniers roulants, puis porté de nuit aux soldats dans des bouteillons (bidons isothermes rudimentaires) ; il arrivait souvent froid et figé. Le mot « rata » vient de « ratatouille », au sens ancien de mélange mijoté.
Sources : Silvano Serventi, À table dans les tranchées, 2014