Wedang jahe
Une décoction brûlante de gingembre frais écrasé, adoucie au sucre de palme et parfumée à la citronnelle. Simple, puissante, réchauffante — cette boisson est le compagnon des veillées, des nuits fraîches des montagnes javanaises et des conversations entre amis.
Une décoction brûlante de gingembre frais écrasé, adoucie au sucre de palme et parfumée à la citronnelle. Simple, puissante, réchauffante — cette boisson est le compagnon des veillées, des nuits fraîches des montagnes javanaises et des conversations entre amis.
C'est dans le silence de la nuit, quand mes sœurs et la maisonnée dorment, que je prends ma plume pour écrire à mes amies si lointaines, aux Pays-Bas. À côté de ma lampe, un verre de wedang jahe fume doucement. Le gingembre me brûle la gorge avec tendresse, et le sucre de palme y met comme une caresse. Cette boisson est mon alliée des veillées — elle tient l'esprit vif quand le corps voudrait céder au sommeil. Je crois que la pensée, comme le gingembre, a besoin de feu pour donner tout son parfum.
- •Gingembre frais (jahe) — un gros morceau, écrasé (base)
- •Sucre de palme (gula Jawa) — un morceau généreux (sucrant)
- •Citronnelle (serai) — une tige, écrasée (aromate)
- •Feuilles de pandan — une ou deux feuilles, nouées (parfum)
- •Eau — selon le nombre de verres (liquide)
Wedang jahe
Une décoction brûlante de gingembre frais écrasé, adoucie au sucre de palme et parfumée à la citronnelle. Simple, puissante, réchauffante — cette boisson est le compagnon des veillées, des nuits fraîches des montagnes javanaises et des conversations entre amis.
Pourquoi ce plat ? Le wedang jahe (boisson chaude au gingembre) était la boisson réconfortante des soirées javanaises, servie dans toutes les maisons priyayi. Kartini, qui veillait tard pour écrire ses longues lettres à ses correspondantes néerlandaises — Stella Zeehandelaar, Rosa Abendanon —, buvait certainement ce wedang pour se réchauffer et rester éveillée pendant ses nuits d'écriture, quand la maison dormait et qu'elle, seule, pensait à l'avenir des femmes de son pays.
C'est dans le silence de la nuit, quand mes sœurs et la maisonnée dorment, que je prends ma plume pour écrire à mes amies si lointaines, aux Pays-Bas. À côté de ma lampe, un verre de wedang jahe fume doucement. Le gingembre me brûle la gorge avec tendresse, et le sucre de palme y met comme une caresse. Cette boisson est mon alliée des veillées — elle tient l'esprit vif quand le corps voudrait céder au sommeil. Je crois que la pensée, comme le gingembre, a besoin de feu pour donner tout son parfum.
Ingrédients (version d’époque)
- Gingembre frais (jahe) — un gros morceau, écrasé (base)
- Sucre de palme (gula Jawa) — un morceau généreux (sucrant)
- Citronnelle (serai) — une tige, écrasée (aromate)
- Feuilles de pandan — une ou deux feuilles, nouées (parfum)
- Eau — selon le nombre de verres (liquide)
Ingrédients
- Gingembre frais — 80 g (environ 8 cm), pelé et écrasé (base)
- Sucre de palme ou cassonade brune — 60 g (sucrant)
- Citronnelle — 1 tige, écrasée (aromate)
- Feuilles de pandan (facultatif) — 2 feuilles, nouées (parfum)
- Eau — 750 ml (liquide)
Préparation
- Peler le gingembre et l'écraser grossièrement avec le plat d'un couteau ou un pilon, pour libérer son jus sans le réduire en purée.
- Écraser la tige de citronnelle de la même façon. Si l'on a des feuilles de pandan, les nouer sur elles-mêmes.
- Dans une casserole, porter l'eau à ébullition. Ajouter le gingembre écrasé, la citronnelle et les feuilles de pandan.
- Laisser frémir à feu doux 15 à 20 minutes. Plus la décoction est longue, plus le goût sera intense et piquant.
- Ajouter le sucre de palme râpé ou la cassonade. Remuer jusqu'à dissolution complète. Goûter : le wedang doit être franchement chaud en bouche (piquant du gingembre), adouci par le sucre.
- Filtrer dans des verres ou des tasses. Servir très chaud.
Comment on faisait : Le wedang jahe est l'une des plus anciennes boissons de l'archipel, antérieure à l'arrivée du thé et du café. Le gingembre javanais (jahe emprit, petit et très piquant) était pilé au cobek. Le sucre de palme local, issu du cocotier ou de l'arenga, était vendu en petits cylindres sur les marchés. Dans les familles aristocratiques, le wedang était servi dans des verres en verre soufflé importé des Pays-Bas, signe de la rencontre entre cultures coloniale et javanaise.
Le twist contemporain : On peut ajouter une rondelle de citron vert et un bâton de cannelle pour une version « chai javanais » contemporaine, ou le servir sur glace pilée en version fraîche (es jahe) par temps chaud.
Sources : Sri Owen, Indonesian Regional Food and Cookery, 1994 · William Wongso, Flavors of Indonesia, 2016
Raden Ajeng Kartini · Charactorium





