Bicerin — le « petit verre » turinois café, chocolat et crème
Une boisson chaude servie dans un petit verre, où s'étagent trois couches qu'on ne mélange pas : chocolat fondu en bas, café au milieu, crème de lait fouettée au-dessus. Doux et amer à la fois, réconfortant.
Une boisson chaude servie dans un petit verre, où s'étagent trois couches qu'on ne mélange pas : chocolat fondu en bas, café au milieu, crème de lait fouettée au-dessus. Doux et amer à la fois, réconfortant.
À Turin, voyez-vous, on ne dit pas un café : on dit un bicerin, « le petit verre », et tout est dans l'art de ne pas mélanger les trois couches. Le chocolat fondu dort au fond, le café noir vient par-dessus, et la crème froide les coiffe : on boit chaud à travers le froid, l'amer à travers le doux. Je l'ai pris bien des fois au comptoir, debout, avant de filer au laboratoire — un instant volé de tiédeur dans le brouillard piémontais. Ne le remuez surtout pas : laissez les saveurs se rencontrer toutes seules sur la langue.
- •Cacao et sucre fondus en chocolat liquide — un fond de verre (couche du bas)
- •Café noir bien chaud — une mesure (couche du milieu)
- •Crème de lait — une cuillerée (couche du dessus)
Bicerin — le « petit verre » turinois café, chocolat et crème
Une boisson chaude servie dans un petit verre, où s'étagent trois couches qu'on ne mélange pas : chocolat fondu en bas, café au milieu, crème de lait fouettée au-dessus. Doux et amer à la fois, réconfortant.
Pourquoi ce plat ? Le bicerin est LA boisson emblématique des cafés historiques de Turin, ville natale de Rita. Avant les longues journées au laboratoire, c'est dans ces cafés feutrés que les Turinois se réchauffaient d'un verre stratifié de café, chocolat et crème — un fragment du Turin élégant de sa jeunesse.
À Turin, voyez-vous, on ne dit pas un café : on dit un bicerin, « le petit verre », et tout est dans l'art de ne pas mélanger les trois couches. Le chocolat fondu dort au fond, le café noir vient par-dessus, et la crème froide les coiffe : on boit chaud à travers le froid, l'amer à travers le doux. Je l'ai pris bien des fois au comptoir, debout, avant de filer au laboratoire — un instant volé de tiédeur dans le brouillard piémontais. Ne le remuez surtout pas : laissez les saveurs se rencontrer toutes seules sur la langue.
Ingrédients (version d’époque)
- Cacao et sucre fondus en chocolat liquide — un fond de verre (couche du bas)
- Café noir bien chaud — une mesure (couche du milieu)
- Crème de lait — une cuillerée (couche du dessus)
Ingrédients
- Chocolat noir — 40 g (couche du bas (fondu au lait))
- Lait — 60 ml (à fondre avec le chocolat)
- Café expresso bien serré — 60 ml (couche du milieu)
- Crème liquide entière — 40 ml (couche du dessus, peu fouettée)
- Sucre — selon le goût (douceur)
Préparation
- Faire fondre doucement le chocolat avec le lait jusqu'à une crème lisse et chaude ; sucrer.
- Verser cette couche de chocolat au fond d'un petit verre épais et résistant à la chaleur.
- Préparer un expresso chaud et le verser délicatement sur le dos d'une cuillère pour qu'il repose sur le chocolat sans se mélanger.
- Fouetter à peine la crème (elle doit rester coulante), la déposer en dernière couche sur le café.
- Servir aussitôt, sans remuer : on boit les trois couches d'un trait, chaud sous le froid.
Comment on faisait : Né au XVIIIe siècle au Caffè Al Bicerin de Turin, dérivé de la bavareisa, le bicerin se servait dans de petits verres sans anse (d'où son nom piémontais, « petit verre »). On le buvait notamment pendant le Carême car il était nourrissant ; il fut, dit-on, la boisson préférée de l'écrivain Cavour et de bien des Turinois.
Le twist contemporain : Servi dans un verre transparent à parois fines pour exhiber les trois strates nettes, un copeau de gianduja (chocolat-noisette turinois) posé sur la crème.
Rita Levi-Montalcini · Charactorium