Kymyz (koumis, lait de jument fermenté)
Lait de jument laissé à fermenter et longuement baratté : il devient une boisson légèrement pétillante, acidulée et faiblement alcoolisée, blanc laiteux, qu'on boit fraîche au plus fort de l'été.
Lait de jument laissé à fermenter et longuement baratté : il devient une boisson légèrement pétillante, acidulée et faiblement alcoolisée, blanc laiteux, qu'on boit fraîche au plus fort de l'été.
Au jailoo, quand les juments mettaient bas et que l'herbe était haute, commençait le temps du kymyz. On versait le lait dans la saba, l'outre de cuir fumée, et toute la journée une main la battait avec le pilon de bois — on n'arrêtait jamais tout à fait, même la nuit. Le lait prenait vie, devenait piquant, acide, vivant sous la langue. Un bol de kymyz frais, et le voyageur épuisé reprenait courage : ce n'est pas une boisson, c'est le souffle même de la steppe.
- •Lait de jument frais — plein la saba (base)
- •Reste de kymyz mûr (levain) — un peu (ensemence la fermentation)
Kymyz (koumis, lait de jument fermenté)
Lait de jument laissé à fermenter et longuement baratté : il devient une boisson légèrement pétillante, acidulée et faiblement alcoolisée, blanc laiteux, qu'on boit fraîche au plus fort de l'été.
Pourquoi ce plat ? L'ancrage de sa fiche le dit : le koumis était « le lait de jument fermenté de son enfance ». Boisson sacrée des éleveurs d'Asie centrale, le kymyz revient comme une madeleine dans l'univers d'Aïtmatov, lié aux pâturages d'été (jailoo) et aux troupeaux de chevaux de son pays natal.
Au jailoo, quand les juments mettaient bas et que l'herbe était haute, commençait le temps du kymyz. On versait le lait dans la saba, l'outre de cuir fumée, et toute la journée une main la battait avec le pilon de bois — on n'arrêtait jamais tout à fait, même la nuit. Le lait prenait vie, devenait piquant, acide, vivant sous la langue. Un bol de kymyz frais, et le voyageur épuisé reprenait courage : ce n'est pas une boisson, c'est le souffle même de la steppe.
Ingrédients (version d’époque)
- Lait de jument frais — plein la saba (base)
- Reste de kymyz mûr (levain) — un peu (ensemence la fermentation)
Ingrédients
- Lait de jument (à défaut, voir note) — 1 L (base — l'authentique)
- Koumis ou kéfir mûr comme levain — 2–3 c. à soupe (ferment)
Préparation
- Verser le lait de jument frais (jamais bouilli) dans un récipient propre en bois, cuir ou verre.
- Ajouter un peu de kymyz mûr comme levain.
- Battre énergiquement et régulièrement le lait pendant plusieurs heures, à température douce (≈ 20–25 °C) : le brassage favorise une fermentation à la fois lactique et alcoolique.
- Laisser mûrir 8 à 24 h selon l'acidité voulue, en remuant souvent.
- Servir bien frais, dans un bol large ; remuer avant de boire.
Comment on faisait : On fermentait le lait dans la saba, outre de peau de cheval boucanée qui apportait ses propres ferments et un goût fumé. Le pilon de barattage s'appelle bishkek — c'est lui qui a donné son nom à la capitale du Kirghizistan, Frunze redevenue Bichkek, ville où vécut Aïtmatov.
Le twist contemporain : Le vrai koumis exige du lait de jument, introuvable dans la plupart des cuisines : à défaut, on n'obtient qu'une évocation lointaine avec du lait de vache kéfiré, plus épais et moins pétillant. Le présenter honnêtement comme « à la manière de » plutôt que comme un koumis véritable.
Tchinguiz Aïtmatov · Charactorium