Imaginary interview

Imaginary interview with Loki

by Charactorium · Loki · Mythology · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est sous les racines de Niflheim, là où la pierre suinte et où le venin du serpent goutte sans répit, que Odin descend retrouver son frère de sang. Loki gît enchaîné par les liens Narfi, le visage tordu par la morsure du poison, et la lumière du Père-de-tout tremble sur les parois humides. Ils ont mêlé leur sang jadis, avant que tout ne se brise, et l'Ase borgne vient non pour juger mais pour comprendre celui qu'il a aimé et redouté. Au loin, on devine déjà le grondement qui annonce la fin des temps.

Frère, nous avons mêlé notre sang sous le frêne. Pourquoi as-tu guidé la main aveugle de Höðr contre mon fils Baldr ?

Tu réveilles la plaie la plus vive, Odin. Le plus beau des Ases était devenu invulnérable, et vous riiez tous en lui jetant des armes qui rebondissaient sur sa peau. Moi seul ai cherché la faille : le gui, trop jeune pour avoir prêté serment. J'ai taillé la branche, je l'ai mise dans la main de Höðr l'aveugle, et j'ai guidé son geste. Tu m'as toujours su capable de trouver ce que nul ne voit. Mais ce jour-là, ce n'était pas une farce — c'était le premier nœud du fil qui mène au Ragnarök. Je le savais en taillant le gui. Toi qui lis l'avenir dans le sang, dis-moi : pouvais-je seulement faire autrement ?

Vous riiez en lui jetant des armes ; moi seul ai cherché la faille.

Tu dis l'avoir su d'avance. La mort de mon fils t'a-t-elle coûté quelque chose, ou n'était-ce qu'un nœud de plus dans ta trame ?

Ne me crois pas de pierre, Odin. J'ai vu ton visage se fendre quand on a porté Baldr sur le bûcher, et quelque chose en moi s'est fendu aussi — bien que je l'aie caché sous une grimace, comme toujours. Mais comprends ceci : je suis la transgression, je suis ce qui dépasse les bornes que vous croyez infranchissables. Là où vous voyez l'ordre du monde, je vois ses coutures. Quand Hel a refusé de rendre ton fils parce qu'une seule géante n'a pas pleuré — et cette géante, c'était encore moi — j'ai scellé le destin que ni toi ni moi ne pouvions plus défaire. Tu m'as fait ton frère ; tu savais quel feu tu prenais sous ton toit.

Combien de fois t'ai-je vu changer de peau, Loki ? Dis-moi comment l'on devient saumon, mouche, ou femme, et pourquoi.

Parce que la forme n'est pour moi qu'un vêtement, Odin — toi-même tu coures le monde sous des manteaux et des noms d'emprunt, ne fais pas l'étonné. Je me suis fait jument pour distraire l'étalon du géant bâtisseur, et tu n'as pas refusé le cheval à huit jambes qui en est né. Je me suis fait mouche pour me glisser sous les paupières des nains, femme pour pleurer ou pour mentir, saumon pour fuir dans les torrents. Chaque peau sert un dessein, chaque dessein sert la ruse. La métamorphose n'est pas un tour de fête : c'est ma manière d'exister entre les mondes, là où ni Ase ni géant ne peut me saisir tout entier.

La forme n'est pour moi qu'un vêtement — toi aussi tu cours le monde sous des manteaux d'emprunt.

Quand nous t'avons pourchassé jusqu'à la cascade, tu t'es fait poisson. Raconte-moi comment le filet t'a pris.

Ah, cette traque ! J'avais bâti une maison à quatre portes pour voir venir de partout, et quand je vous ai sentis approcher, j'ai jeté au feu le premier filet jamais noué — par crainte qu'il ne serve contre moi. Erreur de rusé : Kvasir a lu mes cendres et reconstitué les mailles. Je me suis jeté dans la chute sous ma peau de saumon, glissant entre les pierres. Mais tu sais comment finit l'histoire : une main t'a saisi par la queue au moment du dernier bond, et tu m'as serré si fort que les saumons portent depuis ce jour ces rides effilées vers l'arrière. Le filet que j'avais inventé pour les autres s'est refermé sur moi. C'est, je crois, toute ma vie en une seule prise.

Tu as engendré à Jotunheim des enfants qui nous dévoreront tous. Pourquoi avoir conçu Fenrir, le serpent et Hel ?

Je ne les ai pas conçus pour vous détruire, Odin — c'est vous qui les avez faits monstres en les craignant. Avec la géante Angrboða, j'ai engendré trois enfants comme tout être engendre les siens. Mais vous avez jeté Jörmungandr dans la mer, où il a grandi jusqu'à ceindre le monde entier. Vous avez exilé Hel sous terre pour qu'elle règne sur les morts sans gloire. Et Fenrir — souviens-toi, c'est ta peur qui l'a enchaîné, et c'est Tyr qui y a laissé sa main. Le loup grandissait si vite que sa gueule s'ouvrait déjà entre ciel et terre. Vous avez voulu lier le destin ; vous n'avez fait que le nourrir. Mes enfants seront à mes côtés quand sonnera la fin — peut-on m'en blâmer ?

Je ne les ai pas faits monstres : c'est vous qui les avez rendus tels en les craignant.
Louis Huard - The Punishment of Loki
Louis Huard - The Punishment of LokiWikimedia Commons, Public domain — Louis Huard

Au banquet d'Ægir, tu es entré pour nous insulter un à un. Qu'espérais-tu, frère, en crachant nos secrets devant tous ?

La vérité, Odin — celle que vos rires couvrent d'ordinaire. On m'avait chassé de la salle ; je suis revenu réclamer la place que mon serment de sang me donnait. Toi-même tu as dû le rappeler : nul ne boit ici si Loki n'a sa coupe. Alors j'ai parlé. J'ai dit à chacun ce qu'il taisait : les lâchetés, les couches partagées, les serments trahis — les tiens compris, toi qui as pratiqué la magie des femmes sur l'île de Samsø. Ce n'était pas méchanceté pure : un banquet de dieux trop sûrs d'eux a besoin d'une voix qui rappelle leurs failles. Vous m'avez détesté pour cela. Mais aucune de mes flèches n'a manqué sa cible, et c'est bien ce que vous ne me pardonnez pas.

Vous me détestez non pour avoir menti, mais parce qu'aucune de mes flèches n'a manqué.

Te voilà lié sous la pierre, le venin sur le front. Dis-moi, Loki, comment l'on supporte ce serpent goutte à goutte.

On ne le supporte pas, Odin : on l'endure. Vous m'avez pris après le bûcher de Baldr, vous avez fait des entrailles de mon propre fils ces liens qui me tiennent, et vous avez dressé au-dessus de moi un serpent dont le venin tombe sans fin sur mon visage. Sigyn, ma fidèle, tend une coupe pour recueillir le poison — mais quand elle se détourne pour la vider, la goutte me brûle, et je me convulse si fort que la terre entière tremble. Vous appelez cela vos séismes. Voilà ta justice de Père-de-tout : un châtiment qui dure jusqu'à la fin du monde. Je le tiens pour ce qu'il est — non un terme, mais un délai. Car je me souviens du jour où je me délierai.

Ce n'est pas un châtiment, c'est un délai : je me souviens du jour où je me délierai.

Quand mes chaînes céderont et que tu marcheras au Ragnarök, qui tomberas-tu chercher dans la mêlée des dieux ?

Heimdall, bien sûr — qui d'autre ? Le gardien aux oreilles fines, celui qui veille au pied du Bifrost et qui sonne du cor quand le monde bascule. Lui et moi sommes liés depuis toujours par une haine que rien n'apaise ; nos existences sont nouées l'une à l'autre comme deux serpents. Quand le navire Naglfar rompra ses amarres et que je guiderai les géants vers vos remparts, je le chercherai dans la fumée et le fracas. Et nous nous abattrons l'un l'autre, du même coup, comme il est écrit. Ne crois pas que j'y trouve une joie : c'est l'ordre des choses, le dernier acte du cycle. Le vieux monde doit brûler pour qu'un autre s'élève des eaux. Même toi, frère, tu tomberas sous la gueule de mon fils.

Te souviens-tu du miel de Suttung ? Nous l'avons volé ensemble. Étais-tu déjà l'ennemi que tu es devenu ?

Comment l'oublier, Odin ! Nous étions complices alors, et tu ne dédaignais pas ma ruse quand elle servait ton dessein. J'ai aidé tes desseins plus souvent que tes festins ne le rappellent : le miel de poésie arraché au géant Suttung, l'inspiration des skaldes que vous chantez encore. Je n'étais pas un autre homme — j'étais déjà celui que je suis, capable du meilleur stratagème comme de la pire tromperie. C'est vous qui avez changé de regard sur moi le jour où ma ruse a cessé de vous servir. Tant que je volais pour Asgard, j'étais le frère habile ; le jour où j'ai frappé Asgard, je suis devenu le fléau. Mais c'était toujours le même Loki, Odin — la même main, le même feu.

Tant que je volais pour vous, j'étais le frère habile ; le jour où j'ai frappé, le fléau.

Une dernière chose, frère. Si tout doit recommencer après le feu, regrettes-tu seulement un seul de tes tours ?

Le regret est une chose d'Ase, Odin, pas de moi. Je suis ce qui dépasse les bornes, ce qui défait les nœuds que vous croyez éternels — sans moi, votre monde se figerait, parfait et mort. Oui, j'ai mené Baldr au bûcher ; oui, je vous ai insultés ; oui, mes enfants vous dévoreront. Mais sans la transgression, il n'y a pas de renouvellement, et sans le Ragnarök, pas de terre neuve qui surgit des flots, verte et lavée. J'ai été votre ombre nécessaire, le grain de chaos dans votre ordre. Quand le nouveau monde s'élèvera, on s'y souviendra peut-être qu'il fallait un Loki pour que les choses puissent enfin changer. Voilà mon seul orgueil, frère : n'avoir jamais menti sur ce que je suis.

Sans moi, votre monde se figerait, parfait et mort.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Loki's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.