La carte de Baldassare Castiglione
Rôti de chevreuil au savore d'épices et d'agresto
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Servizio di cucina — pièce de rôt du banquet

Rôti de chevreuil au savore d'épices et d'agresto

FestifReconstitution🧂 🌶️ 🍋moyen1 h 15
Servizio di cucina — pièce de rôt du banquet

Rôti de chevreuil au savore d'épices et d'agresto

Pourquoi ce plat ? La table d'Urbino se fournissait du gibier chassé dans les collines des Apennins. Pour un banquet à la cour du duc Guidobaldo da Montefeltro, dont Castiglione fit le décor de son Livre du Courtisan, une pièce de venaison nappée d'une sauce épicée et acidulée tenait le haut du service chaud.

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Servizio di cucina — pièce de rôt du banquet

Une épaule ou un cuissot de chevreuil rôti, servi avec un savore — la sauce caractéristique de la cuisine italienne d'alors : pain grillé pilé, vin, agresto (jus de raisin vert), cannelle, gingembre et clou de girofle. L'acidité tranche le gras du gibier, les épices signent le rang de la maison.

Veuillez approcher de la desserte, et regardez ce chevreuil tiré des bois d'Urbino. À table d'un prince, la viande seule ne suffit point : il y faut la grâce, ce que j'appelle la sprezzatura, cet art de paraître sans effort. Mon cuisinier nappe la venaison d'un savore où l'agresto pique la langue et où la cannelle parle des terres lointaines ; il en saupoudre encore un peu de sucre, car le mêler au salé est marque de finesse. Mangez sans hâte, et que la conversation vaille autant que le mets.
Baldassare Castiglione
Ingrédients
  • Cuissot de chevreuilune pièce pour la tablée (rôti central)
  • Lardquelques bardes (à larder, contre la sécheresse)
  • Agresto (jus de raisin vert)un bon gobelet (acidité)
  • Mie de pain grilléeune poignée (liant de la sauce)
  • Cannelle, gingembre, clou de girofleà discrétion (épices de prestige)
  • Vin rougeun verre (mouillement de la sauce)
  • Sucreune pincée (rondeur salée-sucrée)
Comment on faisait : Maestro Martino et, après lui, Bartolomeo Platina décrivent ces savori liés au pain, acidulés à l'agresto ou au verjus et fortement épicés — le sucre saupoudré sur le rôti était un raffinement courant. Le gibier, réservé aux nobles qui seuls avaient droit de chasse, était la viande aristocratique par excellence.
Sources : Maestro Martino, Libro de arte coquinaria (vers 1465) · Bartolomeo Platina, De honesta voluptate et valetudine (1474)

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