La carte de Cheikh Anta Diop
Ceeb — le plat-socle communautaire, cœur du bol partagé

Thiéboudiène (riz au poisson)

FestifDocumentée🧂 🍄 🫙moyen1 h 30

Le grand plat dakarois : du riz cassé teinté et parfumé cuit dans un bouillon de tomate, de poisson farci aux herbes (le rof), avec ses légumes fondants et son guedj qui donne toute la profondeur. On le sert sur un grand plat où chacun pioche devant soi.

Ceeb — le plat-socle communautaire, cœur du bol partagé

Le grand plat dakarois : du riz cassé teinté et parfumé cuit dans un bouillon de tomate, de poisson farci aux herbes (le rof), avec ses légumes fondants et son guedj qui donne toute la profondeur. On le sert sur un grand plat où chacun pioche devant soi.

Permettez-moi de vous présenter le thiéboudiène, le plat de notre Sénégal. Voyez : on choisit un beau thiof, on le farfeille d'un hachis de persil, d'ail et de piment — ce qu'on nomme le rof — puis on le saisit dans l'huile avant de le poser sur le riz qui boit le bouillon de tomate. N'oubliez jamais le guedj, ce poisson fermenté qui donne au plat son fond profond ; c'est lui qui distingue une cuisinière savante d'une débutante. À ma table de Thieytou comme à Dakar, on mangeait de ce même plat, accroupis autour du bol, et c'était là, croyez-moi, une forme de civilisation aussi respectable qu'aucune autre.
Cheikh Anta Diop
Ingrédients
  • Riz casséun grand bol pour la maisonnée (socle)
  • Thiof (mérou) ou autre poisson de l'Atlantiquequelques darnes épaisses (cœur du plat)
  • Persil, ail, piment frais, oignon (le rof)un bon hachis (farce aromatique du poisson)
  • Tomate fraîche et concentréeà volonté (bouillon)
  • Guedj (poisson fermenté) et yét (mollusque fermenté)un petit morceau (umami signature)
  • Manioc, chou, carotte, aubergine amère (jaxatu), gomboselon le marché (légumes du bouillon)
  • Huile d'arachidegénéreuse (cuisson)
Comment on faisait : Le thiéboudiène serait né à Saint-Louis au XIXe siècle, attribué à la cuisinière Penda Mbaye, et s'est imposé comme plat national. À l'époque de Diop, il se cuisinait au feu de bois dans une grande marmite, le riz cuisant lentement dans le bouillon parfumé. La croûte de riz caramélisée au fond (le xooñ) était disputée.
Sources : Pierre Thiam, Senegal: Modern Senegalese Recipes (2015) · UNESCO — inscription du ceebu jën au patrimoine culturel immatériel (2021)