La carte de Gisèle Halimi
Bkaila aux épinards confits et haricots blancs
retourner
Marmite du quotidien (qdra), plat mijoté de tous les jours posé au centre de la table

Bkaila aux épinards confits et haricots blancs

QuotidienDocumentée🧂 ☕ 🍄moyen3 h (dont 2 h de mijotage)
Marmite du quotidien (qdra), plat mijoté de tous les jours posé au centre de la table

Bkaila aux épinards confits et haricots blancs

Pourquoi ce plat ? Plat emblématique des foyers juifs de Tunis et de La Goulette, la bkaila est la cuisine de l'enfance de Gisèle Halimi : une marmite humble, longuement confite, qui mijotait dans la maison familiale séfarade où les repas étaient à la fois ressourcement et terrain de discussion.

cliquer pour retourner
Marmite du quotidien (qdra), plat mijoté de tous les jours posé au centre de la table

Des épinards (ou blettes) frits très longtemps jusqu'à devenir presque noirs et fondants, mariés à des haricots blancs et à un peu de viande, dans une sauce sombre et profonde. Un goût puissant, légèrement amer et terreux, typiquement judéo-tunisien.

Chez nous, à La Goulette, cette marmite-là mijotait des heures, et c'était souvent à moi, la fille, qu'on demandait de remuer les épinards pendant que mes frères jouaient dehors — cette injustice, je ne l'ai jamais avalée. Mais le plat, lui, je l'ai aimé toute ma vie : il faut laisser les feuilles noircir sans les brûler, doucement, jusqu'à ce qu'elles n'aient plus de couleur mais tout le goût. Tu y ajoutes les haricots trempés la veille, un peu de viande, et tu oublies la marmite sur le feu. C'est une cuisine de patience, et la patience, vois-tu, je l'ai gardée pour les tribunaux.
Gisèle Halimi
Ingrédients
  • Épinards ou blettesune grande brassée (base confite du plat)
  • Haricots blancs secsun grand bol, trempés la veille (liant et nourriture)
  • Viande de bœuf ou agneauquelques morceaux (goût et richesse)
  • Huile d'olivegénéreuse (friture lente des feuilles)
  • Ailplusieurs gousses (fond aromatique)
  • Tabil (carvi, coriandre, ail séché)une pincée (épice signature)
Comment on faisait : Dans les foyers juifs de Tunis, on faisait frire les épinards très longtemps dans l'huile d'olive jusqu'à obtenir une pâte noire (« bkaila » vient de l'idée de feuilles confites). Le plat se préparait souvent la veille du chabbat et se bonifiait en mijotant. Chaque famille avait son dosage de tabil.
Sources : Gisèle Halimi, Le lait de l'oranger, Gallimard, 1988 (souvenirs d'enfance à La Goulette) · Traditions culinaires juives de Tunisie (cuisine séfarade tunisienne)

Voir aussi