La carte de Ibn Khaldoun
Mishmishiya — agneau mijoté aux abricots, amandes et safran
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Plat d'honneur de la sufra (la viande mijotée des jours de fête)

Mishmishiya — agneau mijoté aux abricots, amandes et safran

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Plat d'honneur de la sufra (la viande mijotée des jours de fête)

Mishmishiya — agneau mijoté aux abricots, amandes et safran

Pourquoi ce plat ? Ibn Khaldoun décrit lui-même la viande de mouton des occasions festives. Ce ragoût sucré-salé safrané appartient à la grande cuisine des cours qu'il fréquenta — celles de Tunis, de Fès, de Grenade et du Caire mamelouk où il finit cadi. C'est le plat des banquets de notables, là où le raffinement de la table marque le rang.

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Plat d'honneur de la sufra (la viande mijotée des jours de fête)

Un mijoté d'agneau fondant, lié au jus d'abricots secs, parfumé de safran, de cannelle et d'un soupçon de miel, parsemé d'amandes mondées. Le 'mishmish' (abricot) donne son nom et son acidité douce à ce classique des livres médiévaux.

Aux jours de fête, lorsque je recevais à ma table un savant ou un émir, on apportait ce plat-là, et son parfum disait à lui seul l'honneur que je faisais à mon hôte. Sache que la richesse d'un mets trahit l'état d'une dynastie : tant que le luxe demeure mesuré, il pare la civilisation ; quand il devient excès, il l'amollit. On faisait suer la viande de mouton dans le beurre fondu, puis on l'unissait aux abricots, au safran et à une cuillerée de miel, jusqu'à ce que la sauce nappe le doigt. J'y ajoutais les amandes au dernier moment, pour le craquant. Mange-en, mais souviens-toi de la mesure.
Ibn Khaldoun
Ingrédients
  • Épaule de moutonen morceaux, pour la tablée (viande festive)
  • Abricots secsune bonne poignée (douceur acidulée)
  • Amandes mondéesune poignée (garniture croquante)
  • Safranquelques filaments (couleur et parfum nobles)
  • Cannelleun bâton (épice chaude)
  • Mielune cuillerée (liant sucré)
  • Beurre clarifié (smen)pour saisir (matière grasse)
  • Oignondeux (fond du ragoût)
Comment on faisait : La 'mishmishiya' (de mishmish, abricot) figure dans les recueils de cuisine arabes médiévaux, du Kitāb al-ṭabīkh de Bagdad aux livres andalou-maghrébins. On combinait sans complexe viande, fruits secs, miel et épices précieuses (safran, cannelle), la sauce étant épaissie aux amandes pilées. Le smen, beurre fermenté et salé, parfumait les plats de fête.
Sources : Kitāb al-ṭabīkh (recueils de cuisine arabes médiévaux), trad. Charles Perry / Nawal Nasrallah · Kitāb al-ṭabīkh fī al-Maghrib wa-l-Andalus (livre anonyme andalou-maghrébin, XIIIe s.)

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