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Café à la crème des salons
Pourquoi ce plat ? Le café est la boisson des Lumières et des salons : chez elle, rue du Bac, il accompagnait les débats où elle tenait tête aux plus grands esprits. On la disait si absorbée par la parole qu'elle laissait souvent refroidir sa tasse.
Un café fort adouci de crème chaude et d'un peu de sucre, servi dans de fines tasses de porcelaine. Plus qu'une boisson, un prétexte à prolonger la causerie.
Approchez, et laissez-moi vous verser cette liqueur brune sans laquelle nul salon ne saurait vivre. Voyez : on torréfie les grains jusqu'à l'ambre sombre, on les broie menu, et l'on verse l'eau frémissante goutte à goutte, car la précipitation gâte tout, en café comme en pensée. J'y mêle un nuage de crème tiède et la pointe d'un sucre, puis je l'oublie à mesure que la conversation m'emporte — c'est, je l'avoue, mon plus aimable défaut. Buvez-en, et vous sentirez l'esprit s'éveiller comme au premier feu d'une idée neuve.
- •Grains de café torréfiés — une poignée par tasse (base aromatique)
- •Eau de source — selon le nombre de tasses (infusion)
- •Crème fraîche — un trait par tasse (rondeur)
- •Sucre en pain — à convenance (douceur)
Café à la crème des salons
Un café fort adouci de crème chaude et d'un peu de sucre, servi dans de fines tasses de porcelaine. Plus qu'une boisson, un prétexte à prolonger la causerie.
Pourquoi ce plat ? Le café est la boisson des Lumières et des salons : chez elle, rue du Bac, il accompagnait les débats où elle tenait tête aux plus grands esprits. On la disait si absorbée par la parole qu'elle laissait souvent refroidir sa tasse.
Approchez, et laissez-moi vous verser cette liqueur brune sans laquelle nul salon ne saurait vivre. Voyez : on torréfie les grains jusqu'à l'ambre sombre, on les broie menu, et l'on verse l'eau frémissante goutte à goutte, car la précipitation gâte tout, en café comme en pensée. J'y mêle un nuage de crème tiède et la pointe d'un sucre, puis je l'oublie à mesure que la conversation m'emporte — c'est, je l'avoue, mon plus aimable défaut. Buvez-en, et vous sentirez l'esprit s'éveiller comme au premier feu d'une idée neuve.
Ingrédients (version d’époque)
- Grains de café torréfiés — une poignée par tasse (base aromatique)
- Eau de source — selon le nombre de tasses (infusion)
- Crème fraîche — un trait par tasse (rondeur)
- Sucre en pain — à convenance (douceur)
Ingrédients
- Café fraîchement moulu — 2 c. à soupe pour 25 cl (base aromatique)
- Eau — 25 cl par tasse (infusion)
- Crème liquide entière — 3 c. à soupe (rondeur)
- Sucre — 1 à 2 morceaux (douceur)
Préparation
- Faites chauffer l'eau sans la porter à gros bouillon (juste frémissante).
- Versez-la lentement sur le café moulu et laissez infuser quelques minutes, puis filtrez.
- Tiédissez la crème à part sans la faire bouillir.
- Versez le café dans de fines tasses, ajoutez la crème chaude et sucrez selon le goût.
- Servez sans attendre, en laissant la conversation s'installer.
Comment on faisait : Au XVIIIe siècle, on torréfiait souvent ses grains soi-même à la maison et on les passait dans une cafetière à filtre de toile ou à percolation naissante. Le café, longtemps coûteux, était le signe d'un commerce raffiné et l'âme des salons parisiens.
Le twist contemporain : Servez-le dans une petite tasse en porcelaine avec un carré de chocolat noir à part : un clin d'œil aux salons où l'on grignotait du chocolat entre deux répliques.
Madame de Staël · Charactorium





