retournerTafelspitz, le bœuf bouilli de Vienne
Tafelspitz, le bœuf bouilli de Vienne
Pourquoi ce plat ? Le Tafelspitz était le plat préféré de Freud, servi régulièrement à la table familiale de la Berggasse 19 à Vienne. Ce morceau de bœuf bouilli, à la fois roboratif et raffiné, incarne exactement le goût bourgeois viennois auquel il était attaché toute sa vie.
Une belle pièce de bœuf pochée doucement dans un bouillon parfumé aux légumes-racines, servie en tranches nappées de son bouillon clair, avec du raifort frais et une sauce à la ciboulette. On boit le bouillon d'abord, on mange la viande ensuite : deux plats en un.
Voyez-vous, à Vienne, on ne saurait imaginer un dîner du dimanche sans le Tafelspitz. Ma femme y veillait : la pièce de bœuf doit frémir, jamais bouillir à gros bouillons, sinon la chair se rétracte et perd son moelleux. On commence par le bouillon, doré comme de l'ambre, puis vient la viande, que j'aime relevée d'une bonne cuillerée de Kren bien piquant — un raifort qui réveille, croyez-moi, davantage l'esprit qu'aucun de mes cigares. C'est un plat sans façon, mais qui demande de la patience ; et la patience, mon ami, est la première vertu de qui veut comprendre quelque chose.
- •Tranche grasse de bœuf (Tafelspitz) — une belle pièce (viande principale, pochée)
- •Os à moelle — quelques-uns (richesse du bouillon)
- •Carottes, céleri-rave, poireau, oignon — un bouquet de légumes-racines (aromates du bouillon)
- •Grains de poivre, baies de genièvre, feuille de laurier — une pincée (parfum)
- •Raifort frais (Kren) — une racine (condiment, signature)
- •Ciboulette — une botte (sauce d'accompagnement)
Tafelspitz, le bœuf bouilli de Vienne
Une belle pièce de bœuf pochée doucement dans un bouillon parfumé aux légumes-racines, servie en tranches nappées de son bouillon clair, avec du raifort frais et une sauce à la ciboulette. On boit le bouillon d'abord, on mange la viande ensuite : deux plats en un.
Pourquoi ce plat ? Le Tafelspitz était le plat préféré de Freud, servi régulièrement à la table familiale de la Berggasse 19 à Vienne. Ce morceau de bœuf bouilli, à la fois roboratif et raffiné, incarne exactement le goût bourgeois viennois auquel il était attaché toute sa vie.
Voyez-vous, à Vienne, on ne saurait imaginer un dîner du dimanche sans le Tafelspitz. Ma femme y veillait : la pièce de bœuf doit frémir, jamais bouillir à gros bouillons, sinon la chair se rétracte et perd son moelleux. On commence par le bouillon, doré comme de l'ambre, puis vient la viande, que j'aime relevée d'une bonne cuillerée de Kren bien piquant — un raifort qui réveille, croyez-moi, davantage l'esprit qu'aucun de mes cigares. C'est un plat sans façon, mais qui demande de la patience ; et la patience, mon ami, est la première vertu de qui veut comprendre quelque chose.
Ingrédients (version d’époque)
- Tranche grasse de bœuf (Tafelspitz) — une belle pièce (viande principale, pochée)
- Os à moelle — quelques-uns (richesse du bouillon)
- Carottes, céleri-rave, poireau, oignon — un bouquet de légumes-racines (aromates du bouillon)
- Grains de poivre, baies de genièvre, feuille de laurier — une pincée (parfum)
- Raifort frais (Kren) — une racine (condiment, signature)
- Ciboulette — une botte (sauce d'accompagnement)
Ingrédients
- Tafelspitz (gîte ou tende de tranche de bœuf) — 1,2 kg (viande principale)
- Os à moelle — 2 tronçons (bouillon)
- Carottes — 3 (bouillon)
- Céleri-rave — 1/4 (bouillon)
- Poireau — 1 blanc (bouillon)
- Oignon — 1, coupé en deux et grillé à sec (couleur et goût)
- Grains de poivre, 3 baies de genièvre, 1 laurier — 1 c. à café (aromates)
- Raifort frais — 1 morceau de 10 cm (condiment à râper)
- Ciboulette + 2 c. à soupe de crème fraîche + 1 c. à soupe d'huile — pour la sauce (sauce verte)
- Gros sel — à doser (assaisonnement)
Préparation
- Faire griller à sec les demi-oignons côté coupé dans une cocotte jusqu'à ce qu'ils brunissent : c'est ce qui donnera sa belle couleur au bouillon.
- Couvrir la viande et les os d'eau froide, porter doucement à frémissement et écumer soigneusement la mousse grise qui monte.
- Ajouter légumes et aromates, saler légèrement, puis laisser pocher à tout petits frémissements 2 h 30 à 3 h : la viande doit être tendre sous la fourchette.
- Pendant ce temps, mélanger ciboulette ciselée, crème et huile pour la sauce ; râper le raifort frais juste avant de servir pour qu'il garde son mordant.
- Servir d'abord le bouillon filtré en tasse, puis trancher la viande contre le fil et la napper d'une louche de bouillon, avec raifort et sauce à la ciboulette.
Comment on faisait : Dans les foyers viennois du XIXe siècle, le pot-au-feu de bœuf mijotait des heures sur le fourneau à charbon ou à bois. Le bouillon servait de premier service, parfois enrichi de fines crêpes émincées (Frittatensuppe) ou de petites quenelles de moelle. Le raifort, râpé à la main et conservé en cave, était le condiment roi, faute d'épices coûteuses.
Le twist contemporain : Servez la viande effilochée sur une tartine de pain de seigle grillé, pointe de raifort et pickles d'oignon : un "Tafelspitz toast" pour la Jause moderne.
Sigmund Freud · Charactorium





